Deranl semble surcharger des congédies
4. Lue comédie de dévotion y avait déjà été jouée, le o décembre 1699, par la duchesse de Bourgogne, sans autres spectateurs que le capitaine des gardes et les daines du palais (Dangeau, tome Vil, p. 205-206), et, dans le carnaval de 1700, on avait répété plusieurs fois des entrées de ballet ip. 251, 255 et 261). Nous y venons jouer, en 4702, Absttlon cl Athalie, Madame assistant au spectacle en grand habit de veuve.
3. Depuis 4689, Madame avait, outre sa dame d'honneur, la duchesse
pour être seulement de sa suite1, la maréchale de Clérambault et la comtesse de Beuvron*, qu'elle aimoit fort. Monsieur avoit chassé l'une et l'autre du Palais-Royal, la première3 étant gouvernante de ses tilles4, à la place de laquelle il mit la maréchale de Grancev, et Mme de Marov, sa tille5, dans la suite; l'autre étoit veuve d'un capitaine de ses gardes frère du marquis de Beuvron et de la duchesse d'Arpajon". Madame leur donna quatre mille livres de pension à chacune, et le Boi deux logements à Versailles auprès de celui de Madame7, et les mena toujours depuis toutes deux à Marly : ce qui fut réglé une fois pour toutes8.
de Ventadour, deux dames d'alour, Mme de Chàtillon et Mlle de Chàteautiers, que nous connaissons déjà l'une et l'autre, la première seule se mêlant de la garde-robe (Dangeau, tome II, p. 394), et quatre filles.
1. Aussi n'en parle-t-on pas dans Y État de la France de 1702. Comparez le tome XII des Mémoires, p. 351.
2. Tomes V, p. 95, et VI, p. 407. — 3. Il y a un point avant la pre.
4. Nommée gouvernante en 1669, elle fut congédiée par Monsieur à la fin de 1679 (Correspondance de Madame, éd. Jaeglé, tome I. p. 19). « Fille et femme de deux hommes qui avoient bien de l'esprit, M. de Chavigny et le maréchal de Clérambault, et qui savoient bien la cour, pour elle, elle n'y avoit pas été. C'est un esprit savant : elle sait le latin, l'astrologie, et mille choses fort particulières. Elle aime sa santé, vit d'un grand régime, et a beaucoup de politesse. » {Mémoires de Mademoiselle, (orne IV, p. 84.) Après cette disgrâce de 1679, Madame avait vainement essayé de la faire nommer dame de la Reine (Lettres de Mme de Sévigné, tome VI, p. 124, 158 et 196).
5. La mère et la fille ont déjà paru dans notre tome VI, p. 1 ï et 409. La mère était Charlotte de Mornay-Villareeaux, morte en 1694.
6. Charles d'Hareourt, chevalier de Beuvron (tome VI, p. 407, note 1 1, destiné à l'ordre de Malte et nommé abbé de Coulombs, contre les règles, en 1679, avait quitté ses bénéfices et la Religion la même année, et pris le titre de comte. Il ne fut que mestre de camp du régiment de cavalerie de Monsieur de 1668 à 1670, puis capitaine de ses gardes, et il mourut sans enfants, le 29 septembre 1688.
7. Ces appartements fuient donnés en juillet 1701 (Journal de Dangeau, tome VIII, p. 148); mais la nomination de la maréchale ne fut connue qu'en février 1702, quand la chambre des filles de Madame fut cassée, et le nom de Mme de Beuvron resta d'abord ignoré (ibidem, p. 328). Saint-Simon reviendra plus longuement sur l'une et sur l'autre.
8. La maréchale alla pour la première fois à Marly le 8 août suivant.
Avant cela elle voyoit peu la maréchale de Clérambault, (jue Monsieur haïssoit', et point du tout la comtesse de Beuvron, qu'il haïssoit encore davantage, pour des tracasseries et des intrigues du Palais-Boyal*. Très rarement elle la voyoit3 dans quelque intérieur de couvent à Paris,
et Mme do Beuvron le 10 septembre (Dangeau, tome VIII, p. 166 et 190).
1. Il ne faut pas confondre cette maréchale de Clérambault avec la marquise de Clérembault Gillier qui a déjà été nommée comme ayant servi Madame en qualité de dame d'honneur de 1681 à 1684 (tome III, p. 11). La maréchale ne quitta plus Madame jusqu'à sa mort, et elles se rejoignirent même dans la tombe à quelques jours d'intervalle. Saint- Simon appréciait beaucoup ses qualités et ses souvenirs « d'anciens faits curieux de la cour; » voyez ci-dessus, p. 355, note 1, et ci-après, p. 654-657.
2. Comme il a été déjà dit au tome VI, Lydie de Rochefort de Théobon, originaire de Gascogne, venue à la cour en 1669 pour prendre rang parmi les tilles d'honneur de la Heine, avait été recueillie, après le renvoi des filles, par la duchesse de Guise, puis s'était attachée au service de Madame, qui l'avait prise eu grande faveur, et c'est en août 1682 que Monsieur l'avait disgraciée, l'accusant de favoriser l'inclination de sa femme pour le chevalier de Saint-Saens, ainsi que M. de Beuvron, dont on soupçonnait seulement le mariage avec la fille d'honneur. Ils étaient grands ennemis du chevalier de Lorraine et jouissaient de toute la confiance de Madame : aussi celle-ci avait-elle essayé de les soutenir, et le Roi, pour la consoler, avait doublé la pension de quatre mille livres de Mlle de Théobon, avec permission de venir à la cour quand elle voudrait, et avait doublé aussi, en mai 1683, la pension de trois mille livres du chevalier. (Mémoires de Souvches, tome I, p. 118-1 19 et 136-137; Relation de Spanheim, p. 63; Chansonnier, ms. Fr. 12620, p. 77.) Madame a raconté cela longuement dans ses lettres de 168*2 (recueil Jaeglé, tome I, p. 27-44). Quatre ans plus tard, Mlle de Théobon, ayant abjuré le protestantisme, déclara son mariage avec Beuvron, mariage qu'on soupçonnait à la cour dès 1678, mais qui n'était su que du Roi, de Monsieur, de Madame et de l'archevêque de Paris, et le Roi porta alors leurs pensions à vingt mille livres, sur les instances de Madame (Journal de Dangeau, avec Addition, tome I, p. 405-407; Mémoires de Sourclies, tome I, p. 449-450; Mémoires de Choisi), tome 11, p. 14-15: Notes du P. Léonard, ms. Fr. 10 265, fol. 183 V). Après la mort de Beuvron, la pension de sa veuve avait été réglée à douze mille livres (Dangeau, tome II, p. 193). Eu 1700, elle avait obtenu un privilège pour la fabrication de certaines peaux (Arch. nat., 01 44, fol. 309 v").
3. La voijoit surcharge une /' et d'autres lettres effacées du doigt.
Obsèques
de Monsieur.
Ducs à l'eau
bénite, non les
duchesses ni
les princesses.
Désordre
des carrosses.
en cachettes'; mais, à découvert, elle lui écrivent tous les jours de sa vie par un page, qu'elle lui envoyoit de quelque lieu où elle fût8.
Le Roi drapa six mois, et fit tous les frais de la superbe pompe funèbre3. Le lundi 13 juin4, toute la cour parut en long manteau devant le Roi3. Monseigneur, qui étoit venu le matin de Meudon, quitta le sien seulement pour le Conseil, au sortir duquel il alla à Saint-Cloud, en long manteau, donner l'eau bénite avec tous les princes du sang et M. de Vendôme et force ducs, tous en rang d'ancienneté", et fut reçu au carrosse par M. le duc d'Orléans et la maison de Monsieur7. L'abbé de Grancey8, premier aumônier
1. Nous avons déjà eu (tome III, p. 45) dogmatiser en cachettes, avec le pluriel comme ici.
2. C'est ce que racontera Dangeau à la mort de la comtesse (tome XII, p. 239). Madame elle-même dit en effet qu'elle lui écrivait chaque jour de longues lettres (comparez ci-dessus, p. 337, note 3), que c'était une femme de mérite, intelligente et d'une rare fidélité I recueil lîrunel. tome I, p. 108/, et, lors de sa petite vérole, en 1693, la comtesse avait voulu s'enfermer avec elle (Dangeau, tome IV, p. 348). Si l'on en croit des couplets obscènes du Chansonnier (ms. Fr. 12648, p. 824- 325), n étant encore que tille de la Heine, et point engagée avec M. 'I ! Beuvron, elle avait été soupçonnée de cacher des galanteries graves sous une apparente rigidité. Saint-Simon, qui la comptera dans u amies, reparlera d'elle, non seulement en 1702, mais aussi en 1708, quand elle mourra, et répétera ce qu'il vient de dire ici.
3. Dangeau, tome VIII, p. 123. Il y a dans les Mémoires du baron de Bre ti'iiil. nis. Arsenal 3861, p. 131, une note sur le règlement fait à ce sujet. Le Roi voulut que les appartements fussent tendus de grand deuil, ce qui était inouï pour un petit-fils de roi, disent les Mémoires de Sourches.