‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 288 sur 548 · Il écrit : cotation · texte numérisé non relu

Il écrit : cotation

7. Quatre semaines plus tôt, le mardi 17 mai, avant la fièvre de Madame, la princesse était allée à Saint-Cloud jouer, faire collation et

fut si affligée, qu'elle s'en trouva mal, et fut longtemps dans l'appartement de M. le duc d'Orléans avant de pouvoir aller donner l'eau bénite1. Monsieur le Duc, qui devoit mener le corps pour prince du sang, avec M. de la Trémoïlle pour duc2, aima mieux conduire le cœur au Yalde-Gràce, pour en être plus tôt quitte3, et laissa mener le corps à M. le prince de Conti et à M. de Luxembourg4. Le service fut superbe3, où les Cours assistèrent, et où Mgr le duc de Bourgogne, M. le duc de Berry et M. le duc d'Orléans furent les princes du deuil, parce que Monsei-

sc promener avec Monsieur (Dangeau, p. 102) ; elle y était aussi retournée le 30 mai (p. 113).

1. Dangeau dit d'abord (p. 126) qu'eu arrivant à Saint-Cloud et montant les degrés, Mme la duchesse de Bourgogne fut suffoquée par « l'appareil lugubre et la triste cérémonie qu'elle alloit faire, » et qu'elle se trouva mal dans l'appartement du duc d'Orléans ; puis, qu'elle revint à Versailles « fort abattue et fort fatiguée. » Comparez la relation du Mercure, mois de juin, p. 332-345.

2. Ce duc, premier gentilhomme de la chambre, se trouvait être, par sa mère, cousin germain de Madame. C'est lui également qui avait conduit chez le Roi le nouveau duc d'Orléans (Mercure, p. 325 et 343).

3. Dangeau (p. 128) et les Mémoires de Sourches (p. 79) mentionnent simplement ce fait au 14 juin, sans commentaires. C'est seulement le 31 août (Gazette, p. 419) que le cœur fut placé dans la chapelle Sainte-Anne, sous le dôme, à côté de ceux de la Reine mère et des autres princes et princesses qui y reposaient depuis le 20 janvier 1676 (Gazette de 1676, p. 63-64). Le 26 septembre suivant, M. le duc d'Orléans envoya au monastère deux grands reliquaires de la chapelle de Saint-Cloud.

4. Dangeau ne parle pas du transporta Saint-Denis: il se fit le lundi 20 juin au soir (Mémoires de Sourches, p. 82); le convoi passa par Paris, et tous les officiers du prince défunt s'installèrent à Saint-Denis pour garder son corps pendant la quarantaine d'ordonnance. Voyez le compte rendu du Mercure, juin, p. 351-360.

5. Il eut lieu le 23 juillet : Dangeau, p. 155; Sourches, p. 95. Voyez les relations du temps dans le recueil Cangé, à la Bibliothèque nationale, vol. 74, n°* 34 et 35, et dans le Mercure de juillet, p. 295-333. Des services funèbres, la plupart avec éloge du prince défunt, furent célébrés ensuite dans les églises et villes qui lui tenaient par un lien quelconque, et même à Turin : Gazette, p 359. 372, 384 395, 407, 430, 431, 442, 491 et 492; Bibl. nat., Imprimés, LnF, n" 15 457-15458.

de

gneur, peu éloigné encore de l'accident qu'il avoit eu!, ne voulut pas s'exposer à la longueur et à la chaleur de la cérémonie2. Monsieur de Langres3 fit l'oraison funèbre, et s'en acquitta assez bien*. Cela lui convenoit : le comte de Tonnerre5, son frère6, avoit passé presque toute sa vie dans la charge de premier gentilhomme de la chambre de Monsieur.

Curieuse Je ne puis finir sur ce prince sans raconter une anecdote

' 1 7 ii o ' -i "' °îu^ a ^ sue ^e ^'en Peu ^e 8ens> sur 'a mort de Madame7,

de Madame que personne n'a douté qui n'eût été empoisonnée, et

première même8 grossièrement9. Ses galanteries donnoient de la

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Monsieur, jalousie à Monsieur10; le goût opposé de Monsieur indi-

°' 1. Nous avons vu (p. 368, note 4) que Monseigneur, outre son accident du -19 mars (p. 238), avait ou passait pour avoir mal à une jambe. Quant à Madame, qui ne pouvait paraitre à Saint-Denis, elle pleura beaucoup pendant ce temps-là, « comme on peut bien se l'imaginer, » dit-elle (recueil Brunet, tome I, p. 53).

2. On peut se reporter au récit des obsèques de la Daupbine fait en 1690 par Saint-Simon et reproduit dans notre tome I, appendice VI.

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