Surtout est en interligne
5. Il y avait assez longtemps que l'on pressait Louis XIV d'envoyer Madame en Angleterre et d'user de son crédit sur Charles II ; mais .Monsieur y avait toujours fait opposition, ri c'est à celte affaire que
juin 1644, et d'une très bonne santé, qui achevoit de leur faire perdre de vue le retour du chevalier de Lorraine. Celui-ci étoit allé promener son dépit en Italie et à Rome1. Je ne sais lequel des trois y pensa le premier ; mais le chevalier de Lorraine envoya à ses deux amis un poison sûr et prompt par un exprès qui ne savoit peut-être pas lui-même ce qu'il portoit2. Madame étoit à Saint-Cloud,
se rattache, comme je l'ai dit (tome III, p. 312), l'anecdote du prétendu « secret de Gand. » La négociation se fit à Douvres du 24 mai au 1-2 juin 1670, et aboutit à un traité d'alliance contre la Hollande. Elle a été racontée, avec les documents mêmes, par Mignct, dans le tome 111 des Négociations relatives à la succession d'Espagne; voyez aussi les Lettres historiques de Pellissoti, tome I, p. 43, 48 et 53-54, les Mémoires de Pomponne, tome I, p. 478-481, ceux de l'abbé de Choisi), tome II, p. 78-82 et 91-95, ceux de Daniel de Cosnac, tome I, p. 408-417, le Siècle de Louis XIV, éd. Bourgeois, p. 162-1(33 et 493-494, les pièces justificatives jointes au tome II des Mémoires de la Grande-Bretagne, par J. Dalrymplc, et, parmi les ouvrages modernes, les Mémoires sur Mme de Sévigné, par Walckenaer, tome V, p. 26 et 400, l'article déjà cité de P. Clément (Revue des Questions historiques), l'Histoire de la marine française, par Eugène Sue, éd. 1835, tome II, p. 203-272, les Lives of the. princesses of England, tome VI, p. 539-551, les Archives de la Bastille, tome IV, p. 30-36, Jean de Witt, par M. Antonin Lefèvrel'ontalis, tome II, p.58-61,LoM(6-e de Keroualle, duchesse de Portsmoulh, par feu H. Forneron, p. 19-26, le livre du comte de Bâillon, p. 383 et 393-406, etc. La princesse, ayant réussi, repartit aussitôt de Douvns, et arriva à Saint-Germain le 18 juin (Gazette, p. 602, 603 et 626); mais son mari, chez qui des dénonciations hostiles avaient réveillé une vive jalousie contre le beau duc de Monmouth, reçut fort mal la négociatrice, quoiqu'elle apportât la promesse de Charles II de donner un asile et même une pension au chevalier de Lorraine ; Monsieur avait compté qu'on ferait mieux et que le chevalier reviendrait à la cour : voyez ['Histoire d'Henriette d'Angleterre, par Mme de la Fayette, p. 201, et la lettre de cette princesse à Mme de Saint-Chamond (26 juin) publiée dans les Mémoires de Daniel de Cosnac, tome I, p. 417-418.
1. 11 y passa un peu moins de deux ans, et ce ne fut probablement que sur une lettre qu'il fit écrire par le cardinal d'Estrées à Colbert, en octobre 1671, qu'on lui accorda son rappel et de l'emploi aux armées. Voyez ci-après, appendice XXVII, p. 661-662.
2. Selon la version double de Madame et de Gaignières (voyez l'appendice XXVII, p. 653 et 658), cet exprès était le Morel dont il sera parlé p. 378.
qui, pour se rafraîchir, prenoit depuis quelque temps, sur les sept heures du soir, un verre d'eau de chicorée. Un garçon de sa chambre avoit soin de la faire; il la mettoit dans une armoire d'une des antichambres de Madame, avec son verre, etc. Cette eau de chicorée étoit dans un pot de faïence ou de porcelaine , et il y avoit toujours auprès ' d'autre eau commune en cas que Madame trouvât celle de chicorée trop amère, pour la mêler. Cette antichambre étoit le passage public pour aller chez Madame, où il ne se tenoit jamais personne, parce qu'il y en avoit plusieurs. Le marquis d'Effiat avoit épié tout cela. Le 29 juin 1670, passant par cette antichambre, il trouva le moment qu'il cherchoit. Personne dedans2, et il avoit remarqué qu'il n'étoit suivi de personne qui allât aussi chez Madame; il se détourne, va à l'armoire, l'ouvre, jette son boucon 3, puis, entendant quelqu'un, s'arme de l'autre pot d'eau commune, et, comme il le remettoit, le garçon de la chambre qui avoit le soin de cette eau de chicorée s'écrie, court à lui, et lui demande brusquement ce qu'il va faire à cet armoire4. D'Effiat, sans s'embarrasser le moins du monde, lui dit qu'il lui demande pardon, mais qu'il crevoit de soif, et que, sachant qu'il y avoit de l'eau là-dedans, lui montrant le pot d'eau commune, il n'a pu résister à en aller boire. Le garçon grommeloit toujours ; et l'autre, toujours l'apaisant et s'excusant, entre chez Madame, et va causer comme les autres courtisans sans la plus légère émotion . Ce qui suivit, une heure après,