Les conseillers d'État d'Espagne
(Pages 132-153.)
9 février 1706. — L'ignorance des seigneurs espagnols sur la guerre étoit étonnante. Il y avoit des siècles qu'ils tenoient au-dessous d'eux de la faire, et même d'en ouïr parler, excepté sept ou huit, au plus, dans un si long espace. Maintenant tous s'en vouloient mêler, et n'y pouvoient rien comprendre. C'est ce qui arriva à ce duc d'Arcos, homme d'esprit, et même de savoir d'ailleurs5. Conseiller d'État est, en
l.I.e Journal de Dangeau. — "2. Ci-dessus, Addition a" 362, et ci -a près, p. 530.
3. Dangeau raconte que, le duc d'Arcos, nouveau vice-roi du royaume de Valence, ayant eu une contestation avec M. de las Torrès, et celui-ci ayant pris la ville de Moncada malgré lui, le duc a été rappelé à Madrid avec interdiction de retourner à Valence pendant le cours de la campagne. Comparez les Mémoires de Saint-Simon, tome IV de 1873, p. 353.
Espagne, ce qu'on appelle ici ministre, qui est là, plus encore, s'il se peut, qu'ici, le dernier degré de la fortune; eux seuls et les cardinaux peuvent aller en chaise à porteurs, comme les dames, par la ville et dans le palais, et ont Y Excellence, s'ils ne l'ont pas déjà par d'autres titres; mais celui-ei étoit déjà devenu un vain nom en Espagne, qui n'avoit plus aucune fonction, et n'en a pas recouvré depuis.