‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 335 sur 548 · Ci-dessus, p. ill et · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. ill et

4. Recueil Morelly, tome II, p. 1 7 4- 1 7 .'> . — 5. Ibidem, p. .'>i-.'>.'i.

(!. Original publié clans les Pièces justificatives pour servir à l'histoire des premiers présidents de lu Chambre des comptes, n° 608.

". Non reproduite dans l'imprimé de Morelly, mais bien dans les Œuvres de Louis XIV, tome Y, p. 20-21, sans la note de Rose, qui manque aussi dans le ms. Sainte-Geneviève, tome I, p. 330-332.

ce que, le roi d'Espagne avant écrit de sa propre main à Monsieur frère du Roi, le comte de Fuensaldagne lit valoir cela à S. A. R. comme un grand passe-droit, disant qu'il n'éerivoit de la sorte qu'aux rois et princes souverains. » De même, au bas d'une lettre à l'électeur de Mayence* : « Cette lettre a été écrite de ma main, et non de celle du Roi, par ordre de S. M., à qui ledit sieur Électeur n'avoit pas écrit de la sienne. » Par main, le président entendait ce que Saint-Simon appelle le « caractère, » c'est-à-dire la propre écriture du Roi.

A la différence des secrétaires d'État, qui apposaient la signature du Roi sur les expéditions faites dans leurs bureaux, ou plutôt qui faisaient apposer cette signature par un commis spécial, aucun des secrétaires du cabinet, pas même celui d'entre eux qui avait la plume, ne signait les lettres de la main rédigées ou écrites par lui-même4. Voici, à ce propos, et venant de la propre bouche du secrétaire dont il est parlé ici, une anecdote de l'abbé de Choisy3 : « Rose m'a conté qu'il n'avoit jamais signé pour le Roi qu'une fois en sa vie. La cour étoit en Provence; la nouvelle y vint de l'extrémité où étoit M. le duc d'Orléans4. Le Roi manda à Rose, qui étoit à Aix auprès du cardinal, d'écrire une lettre de compliment à Madame, et de la signer : Louis; et écrivit en même temps au cardinal d'ordonner à Rose de le faire. Rose se le tit commander quatre fois, conjurant le cardinal de faire la signature, puisque personne au monde ne savoit mieux que lui contrefaire toutes sortes d'écritures, et dans une si grande perfection, que Rose lui-même y étoit souvent trompé. Mais le cardinal, par raison ou par fantaisie, ne voulut pas signer. »

Ainsi, quoi qu'en ait dit le rédacteur de la description du Musée des Archives nationales (n° 469), le « secrétaire de la main » ne signait pas les lettres préparées par lui, et le seing apposé sur ces lettres est bien réellement autographe, tandis que celui des expéditions ministérielles ne l'est jamais. Notre auteur l'a dit5 : « Le Roi les signe toutes de sa main ; » et ailleurs, à propos des secrétaires d'État6, il a insisté sur cette différence essentielle entre les lettres de la main, émanées du cabinet, et les lettres en commandement, lettres de cachet et autres expéditions sorties des bureaux7.

Rose cite un fait piquant au sujet de la suscription des lettres entièrement écrites de la main même du Roi. Cette suscription devait être aussi de main propre pour les princes de maison royales; mais, après avoir terminé une lettre par laquelle il sommait Mlle de Montpensier

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