‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 34 sur 548 · Au père de est eu interligne, au-dessus d'à, biffé · texte numérisé non relu

Au père de est eu interligne, au-dessus d'à, biffé

2. Le père s'appelait Jérôme Blouin, et avait été apothicaire des cardinaux de Richelieu et Mazarin avant de devenir premier valet de chambre de Monsieur (Journal de Dubuisson-Aubenay, tome I, p. 18, avril 1648), puis valet de chambre ordinaire du jeune roi, avec un brevet d'assurance de soixante mille livres (ms. Fr. 4193, fol. 16), et c'est en septembre 1661, à la mort de M. de Beaumont, qu'il avait été fait intendant de Versailles, avec pouvoir d'administrer les revenus et prolits, vendre et affermer, passer les baux et marchés, veiller à la conservation et à l'entretien des bâtiments, h l'acquittement des devoirs des vassaux, etc. ; par un brevet du 25 mars 1662, il avait été chargé de faire les acquisitions nécessaires pour la formation du nouveau parc. (Arch. nat., 0'7, fol. 197 v°, et 10, fol. 196 V; KK 1454, fol. 178.) 11 périt d'un accident de voiture en mai 1665, et c'est alors que

Le sieur Bontemps, plein de sagesse, De jugement, d'esprit, d'adresse,

devint, comme il a été dit ci-dessus, p. 40, note 1, Concierge de ce lieu charmant Dont l'art et la nature ensemble, Ont voulu faire, ce me semble, Sur la terre un beau paradis...

(Gazelles en vers, publiées par le feu baron J. de Rothschild, tome I, col. 3 et 26.) Le tils de Jérôme Blouin, trop jeune en 1665, rentra dans cette partie de l'héritage paternel le 16 janvier 1701 : Arch. nat., 01 45, fol. 15 v°; Journal de Danaeau, tome VIII, p. 15. En lui annonçant sa nomination, le Boi dit que Versailles lui était destiné depuis que Bontemps s'alourdissait, et que « cela avoit été cause qu'il ne lui avoit pas fait du bien plus tôt. »

3. 11 a dit (tome V, p. 258) que Bontemps et Blouin servaient d'intermédiaires pour la correspondance du Boi avec Mme de Soubise.

4. Particulier est encore pris au sens de peu communicatif, vivant à l'écart ou avec des personnes de son choix, que nous avons eu dans notre tome I, p. 56, et qu'on trouve fréquemment en ce temps-là.

compagnie dans le meilleur de la cour, qui régnoit chez lui dans l'exquise chère, parmi un petit nombre de commensaux grands ! seigneurs, ou de gens qui suppléoient d'ailleurs aux titres, qui étoit froid, indifférent, inabordable, glorieux, suffisant et volontiers impertinent, toutefois peu méchant, mais à qui pourtant il ne falloit pas déplaire. Ce fut un vrai personnage, et qui se fit valoir et courtiser par les plus grands et par les ministres, qui sa voit bien servir ses amis, mais rarement, et* n'en servoit point d'autres, et ne laissoit pas d'être en tout fort dangereux, et de prendre en aversion sans cause, et alors de nuire infiniment.

M. de Vendôme. M. de Vendôme revint d'Anet après avoir passé encore une fois par le grand remède3. Il se comptoit guéri, et ne le fut jamais. Il demeura plus défiguré qu'il ne l'étoit auparavant cette seconde dose, et assez pour n'oser se montrer aux dames et aller à Marly1. Bientôt il s'y accoutuma, et tâcha d'y accoutumer les autres. Ce ne fut pas sans dégoût, et sans chercher sa physionomie et ses principaux traits, qui ne se retrouvèrent plus. Il paya d'audace en homme qui se sent tout permis et qui se veut tout per- Bals mettre ; il avoit de bons appuis. C'étoit en janvier, et il

particuliers avoit des bals à Marly3 : le Roi s'en amusa tous les

a la cour. J . , A J

voyages jusqu au carême, et la maréchale de JNoaules en

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