‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 35 sur 548 · Voyez notre tome VII, p · texte numérisé non relu

Voyez notre tome VII, p

4. « Le 17 janvier, le duc de Vendôme arriva à la cour, et tout le monde trouva qu'il étoit en très bonne santé, à quelques dents près qu'il avoit perdues dans l'opération. » (Sourches, tome VII, p. 6.) — « M. de Vendôme arriva à Versailles lundi (17). après avoir demeuré longtemps à Anet, où il a fait le grand remède. 11 se croit guéri; les chirurgiens croient aussi qu'il l'est; cependant il n'a pas voulu demander à venir ici (à Marly), de peur de faire encore de la peine aux dames. Si sa santé est entièrement raffermie, et qu'il ne paroisse rien ce printemps, on croit qu'il épousera Mlle d'Elbeuf. » (Dangeau, tome VIII, p. 20.)

5. Les bals commencèrent le 21 janvier : Danyeau, tome VIII, p. 19; Sourches, tome VII, p. H.

lieu

ITiil DE SAINT-SIMON. 49

donna souvent à Mme la duchesse de Bourgogne1 chez elle à Versailles8, qui avoient l'air d'être3 en particulier.

Plusieurs nouvelles agréables arrivèrent fort près à Plusieurs près*. Le Roi reçut de Milan un acte qu'on n'avoit pas3, bonnes nou-

• ,,■■•• • ?ii xt j j ' velles. Avaux

quoique connu : c etoit I investiture de Charles V du duché ambassadeur de Milan et du comté dePavie6 pour tous les successeurs en Hollande tant mâles que femelles T ; la certitude du passage de

t. Le premier eut lieu le 3 février. « Cela ne se peut pas appeler un bal, car il n'y avoit point d'hommes; cependant on y laissa entrer l'ambassadeur d'Espagne, qui y mena le connétable de Castille et les seigneurs qui sont venus avec lui en France. 11 y avoit beaucoup de dames chez Mme de Noailles, et la plupart masquées. » (Dangeau, p. 29-30.)

2. L'hôtel de Noailles, n° l de la rue de la Pompe, bâti vers 1682, est devenu l'institution Notre-Dame : J.-A. le Roi, Histoire des rues de Versailles, tome I, p. 141.

3. Les deux dernières lettres d'esirc surchargent un a ou un c.

4. Locution déjà rencontrée dans notre tome lit, p. 42. Actuellement l' Académie la déclare peu usitée.

5. Pas est ajouté en marge, et, plus loin, c'estoit est en interligne.

6. Pavie, ancienne capitale du royaume lombard érigée eu comté par l'empereur Wenceslas (1393), avait eu divers possesseurs avant que les Visconti réunissent tout ce pays à leurs États de Milanais, qui passèrent ensuite aux Sforza, et Cbarles-Quiut avait fait l'annexion de l'apanage de ceux-ci après la mort du dernier héritier du nom.

7. Ceci est pris du Journal de Dangeau, tome VIII, p. 3, 4 janvier 1701; comparez l'Esprit des cours de l'Europe, 1701, lre partie, p. 153-155, et 2e partie, p. 250-254. L'acte par lequel Charles V avait donné l'investiture à sou propre tils Philippe II, malgré la promesse faite de la réserver pour un tils de François I", est du 12 décembre 1549. Quand l'exemplaire dont parle notre auteur arriva à Paris, le P. Léonard s'en procura une traduction, qui est restée dans ses papiers : Arch. nat., K 1327, n° 42. Lamberty (Mémoires, tome I, p. 199) et la ïorre (Négociations, tome II, p. 316-320) ont reproduit ou analysé les actes par lesquels l'empereur Léopold prétendait, depuis la fin de 1700, établir ses droits sur le Milanais comme fief de l'Empire. Louis XIV publia un manifeste en réponse, et il parut alors (Mémoires de Sourches, tome VII, p. 18-19) un recueil latin et français intitulé : Investiture du duché de Milan et autres lieu.r, qui établissait que Philippe V devait bénéficier de l'investiture perpétuelle donnée aux rois d'Espagne ses ancêtres maternels, et confirmée successivement par tous les empereurs. On trouve aussi dans le recueil de Lamberty, tome I, p. 366-367, la réponse de M. de Yaudémont et du sénat de Milan aux réclamations de la cour d'Àu-

MEMOIBES DE SAINT-SIMON. VIII i

:,(i MÉMOIRES nul

de Briord, ses troupes en Italie accordé par M. de Savoie en la fort malade. forme qu'on desiroit1, et un succès en Flandres qui tenoit de la merveille, et très semblable à un changement de théâtre d'opéra. Briord, ambassadeur en Hollande2, étoit tombé dangereusement malade3; les affaires y étoient en grand mouvement* : il demanda par plusieurs courriers un successeur, et d'Avaux y fut envoyé1. Les États0, qui, de concert avec l'Angleterre, ne cherchoient qu'à nous amuser

triche. L'ambassadeur espagnol à Vienne reçut ordre de solliciter l'investiture, et, s'il ne l'obtenait, de demander son congé. Voyez ci-après, p. 254.

1. Dangeau, tome VIII, p. 12, 14, 22, etc. Voyez ci-après, p. 257.

2. Tome IV, p. 34. Arrivé le 18 mars 1700, son entrée avait eu lieu le 28 décembre.

3. Dangeau, p. 9, 11-12, 21, 23, 24, 44 et 84 ; Mercure, janvier 1701. p. 134-135; Lambertv, Mémoires, tome I, p. 365.

4. Voyez le recueil des Lettres de Louis XIV au comte de Briord (1700-1701), imprimé à la Haye, en 1728.

5. Journal de Dangeau, tome VIII, p. 12. Nous ne verrons Briord revenir que p. 253. Ses lettres de remerciement au Roi sont aux Affaires étrangères, vol. Hollande 192, fol. 41 et 111. — Son remplaçant, Jean- Antoine de Mesmes, quatrième fils du président de Mesmes, mort en 1673, avait relevé le titre de comte d'Avaux à la mort de cet oncle paternel si célèbre, comme négociateur de la paix de Munster. Conseiller au Parlement le 21 janvier 1661, maître des requêtes le 20 mai 1667. il avait eu en 1672-74 sa première mission, comme ambassadeur à Venise, avec une pension de trois mille livres (20 janvier 1672), puis avait pris part aux négociations de Nimègue de 1675 à 1678, était allé alors en Hollande, comme ambassadeur, et y avait ménagé la trêve de 1684 avec l'Espagne, avait eu une place de conseiller d'Etat semestre en octobre 1683 et la survivance de grand prévôt et maître des cérémonies de l'Ordre en septembre 1684, était revenu de l'ambassade de la Haye à la fin de 1688, avait été chargé d'accompagner le roi Jacques en Irlande en mars 1689, était rentré à Paris en 1690, avait failli passer secrétaire d'État l'année suivante, avait été nommé ambassadeur en Suède au mois de novembre 1692, conseiller d'État ordinaire le 17 août 1695, et n'était revenu de Stockholm que dans l'été de 1699. Sa seconde ambassade à la Haye finit au mois d'août 1701 ; il n'eut plus d'autre mission officielle, et mourut à Paris, le 10 février 1709, âgé de soixante-neuf ans. Une grande partie de ses correspondances diplomatiques ont été publiées, soit en France, soit à l'étranger.

Page 1