‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 342 sur 548 · Il écrit : gnlimalhias · texte numérisé non relu

Il écrit : gnlimalhias

de tout1, il disoît qu'il étoil devenu évoque à force de prêcher comme

un cuistre-. Il avoii (>lus de trente ans quand il le fut\ et, toute sa vie, un très bon évêque de bon exemple pour les mœurs et la piété4,

assidu sept ou huit mois de l'année dans son diocèse, appliqué à le visiter, aux synodes, aux conférences et à toutes sortes de bonnes n;uvrcs, d'hôpitaux, d'écoles, de séminaire, où il mit beaucoup du sien, et donnoit abondamment l'aumône5. Il ne parloit jamais de tout cela, et c'est la seule matière qui se soit défendue de sa vanité. Grand ennemi des procès6, bon à ses prêtres, à ses vassaux, à ses domestiques, et grand ami et protecteur de la noblesse ; noble en toutes ses manières, mais avec règle, sans profusion et sans dettes. Il haïssoit les lettres de cachet, et procédoit par les voies judiciaires contre les curés dont il falloit réprimer les désordres. Celui de Saint-Simon" le plaida vingt ans

t. Voyez ce que Loret raconte de ses sermons ou de ses mandements : Muse historique, tomes II (1655), p. 36 et 81, 111, p. 4, 43,220-821,556, 566 et 582, et IV, p. 4, 28, 29, 85, 100, 101, 171, 199, -200, etc.

2. Il disait des docteurs de Sorbonne : « C'est bien affaire à des gueux comme cela de parler du mystère de la Trinité. »

3. C'est Mazarin mourant qui le nomma (Mémoires rie Choisi/, tome I, p. 109). Comme évèque, un prêtre du diocèse actuel, M. l'abbé Chrétien, lui a consacré un assez long article, en 1X86, dans le tome VIII du Bulletin du Comité archéologique de Noyon, p. 157-230; mais il y aurait encore beaucoup à prendre dans un dossier formé par le P. Léonard, et aujourd'hui conservé aux Archives nationales, en tète des titres de l'évêché de Noyon, carton L 738, et qui comprend des notes anecdotiques. puis une suite d'exemplaires des mandements, ordonnances, statuts, requêtes, etc. On disait : « Petits pâtés de Saint-Denis, brioches de Paris, mandements de Noyon. »

4. Bussy-Uabutin parle de galanterie avec Mme de Canaplcs, en 167-2 {Correspondance, tome II, p. 92); mais ce n'est qu'en plaisantant.

5. Entre autres actes à signaler, il fit des règlements en 1673 pour les maîtres d'école, en 1700 pour les maîtresses; il fonda des bourses pour ses diocésains au séminaire oratorien de Notre-Dame-des-Veitus. Néanmoins, Colliette, l'historien du Vermandois, dit que les mandements et les discours du prélat, comme ses façons, provoquaient un « dégoût général » jusque parmi ses ouailles. En 1699, dans une première maladie qui faillit l'emporter (Journal de Dangeau, tome VII, p. 33), comme M. de Guiscard venait de lui payer vingt-cinq mille livres de droits de lods et ventes, il disposa d'une partie de cette somme pour des legs pieux; mais, revenu à la vie, il préleva six mille livres pour son neveu l'évêque de Langres, qu'il appelait le « pauvre honteux. » (Papiers du P. Léonard, L 738.)

6. Au contraire, il intenta à son propre chapitre, à ceux de Saint-Quentin et de Péronne. aux moines de Saint-Prix, etc.. des procès interminables, et n'y eut pas toujours raison, ni gain de cause. Voyez le dossier du P. Léonard, et Colliette, Mémoires du Vermandois, tome III, p. 377, 38w2, 383, 397-399, 405-407. Une inscription placée au-dessus de la porte qui conduisait du transept méridional de la cathédrale de Noyon à la chapelle épiscopale rappelle encore aujourd'hui le long débat soulevé, à propos de cette porte, entre l'évêque et son chapitre.

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