‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 352 sur 548 · En marge : A'o.r norti indical scîentiam. l's. 18, v · texte numérisé non relu

En marge : A'o.r norti indical scîentiam. l's. 18, v

3. En marge : Die» diei éructât verbum. Ibid. \l's. 18, ». 3.]

4. En marge : Fecit propitiatorium, id est oraculum. E.rod. 37, ». G.

5. En marge : Cherubim exlendentes nias et tecjenles propitialiiriiim, etc. Ibid., v. 9.

tisme; ajoutez-y vos charitables avis, et soyez persuadé que je les recevrai et suivrai comme des lois inviolables, en qualité de

« Votre très humble et très obéissant serviteur. »

Procuration de M. Vévêque de Noyon à AI. Goyer,son vicaire général, pour assister en son nom à l'assemblée provinciale de Reims.

« François de Clermont, par la «race de Dieu évôque-comte de Noyon, pair de France, commandeur de l'ordre du Saint-Esprit, conseiller ordinaire du Roi en son conseil d'Etat, à tous ceux qui verront ces présentes lettres, salut en Notre- Seigneur.

« Nous, dûment informé, et même persuadé, par notre propre expérience, de la capacité, intégrité et piélé du sieur (loyer, prêtre, archidiacre de notre église cathédrale, l'un de nos vicaires généraux, et ne croyant pas pouvoir trouver un plus digne sujet, l'avons choisi et nommé pour assister à l'assemblée provinciale qui se doit tenir en la ville de Reims, le dimanche 24e de ce mois, en conséquence des ordres de S. M., toujours appliquée aux intérêts de l'Eglise, et en exécution du mandement de Monseigneur l'Archevêque*. Mais, comme l'excuse de notre absence est d'autant plus juste qu'elle est nécessaire et fondée sur l'impuissance de nous y rendre en personne, dans l'état encore languissant où les restes d'une longue et périlleuse maladie nous réduisent, nous ordonnons audit sieur archidiacre de témoigner à Nosseigneurs nos Illustrissimes et Révérendissimes confrères et comprovinciaux notre extrême déplaisir d'être privé de cet honneur, de régler sa conduite selon les ordres de mondit seigneur, et de nous rapporter fidèlement le procès- verbal, les résolutions et les oracles de ladite assemblée. Nous déclarons de plus, en cas de besoin, que, dès à présent, nous approuvons et autorisons ce que notre député aura résolu et conclu de concert avec nosdits seigneurs, et que le tout doit avoir autant de force que si nous l'avions signé de notre propre main.

« Cependant nous espérons que N.-S. J.-C, en qualité de chef, continuera d'accorder la perpétuelle protection* qu'il a promise à l'église universelle, qui est son corps mystique, et qu'il ne la refusera pas à l'église provinciale de Reims, qui en fait l'une des plus illustres parties, qui prépare actuellement une espèce de concile et qui assemble plusieurs grands évêques, au nom du Saint-Esprit, dans un palais pontifical qu'on peut appeler le portique de Salomon3, puisque la sagesse y préside et la justice, le temple du Seigneur4, comme étant une église5 domestique semblable à celle d'Aquilas et de Priscille, ces hôtes de saint Paul, et le cénacle6 où les successeurs des apôtres sont charitable-

1. Assemblée convoquée pour l'affaire de Fénelon, tome VI, p. t5G-Io7.

2. En marge : Matt. xxvm, 20. — 3. Act. v, 12. k. Act. u, 46. — b. Cor. xvi, 19. — 6. Act. xx, 8.

ment reçus, suivant l'exemple de leurs saints prédécesseurs marqué dans les Actes.

« En effet, les mêmes et principales fonctions y seront religieusement exercées et éminemment représentées dans la seule unanimité des suffrages que saint Cyprien appelle « l'àme des conciles, » dont le nombre des opinants n'est que le corps, la qualité dominante, la gerbe de Joseph élevée au-dessus de toutes les autres, le propre caractère de l'infaillibilité et la grâce hiérarchique qui attire toujours la présence de J.-C. ', le pontife éternel de sou Père-, le prince des pasteurs3 et l'évêque de nos âmes4; unanimité de prières, de désirs, de maximes, de desseins, de. bénédictions et de succès, pour défendre la vérité et la doctrine orthodoxe, pour soutenir l'intégrité de la discipline canonique, et pour conserver la pureté de la morale chrétienne contre et malgré les vains efforts de l'illusion, du relâchement et de la corruption.

« Tels sont les vœux que nous offrons au ciel afin que le Dieu de patience et de consolation5 accorde à ses plus digues ministres la grâce d'être toujours unis de sentiments et d'affection, et qu'ils glorifient Dieu, le père del\. S. J.-C, d'un même cœur et d'une même bouche.

« C'est ainsi que l'harmonie des trois capitales et théologales vertus de la foi, de l'espérance et de la charité, dont Dieu seul est l'objet, subsistera tranquillement et sans aucun trouble ; qu'en continuant de nous servir des propres termes de l'apôtre, le Dieu d'espérance6 nous comblera tous de paix et de joie dans notre foi, et que notre espérance croîtra toujours de plus en plus par la vertu et la puissance du Saint-Esprit.

« Enfin nous serons trop heureux et consolés de notre malheur, si tant de prélats pleins de charité et remplis de toutes sortes de connoissauces, après s'être mutuellement instruits7, veulent bien aussi nous faire part de leurs lumières, que nous [nous] ferons gloire de suivre pour conserver entre nous la communion de la doctrine qui est le principe, et le fondement des deux autres communions de sacrifices et de prières.

>< Donné à Paris, sous notre seing, celui de notre secrétaire, et le Scel de nos armes, ce 10e mai 1699. (Signé) François, évêque-comte de Noyon; et plus bas : Par Monseigneur, Lucas. »

NOTICE DE d'H0ZIER SIR LA MAISON DE CLERMONT-TONNERRE8.

« La vanité fastueuse et ridicule du feu évêque de Noyon avoit tellement soulevé tout le monde contre la prétention qu'il avoit d'être de meilleure maison que qui que ce fût dans le Royaume, que, pour détruire cette chimère, et pour le punir de toutes les extravagances qu'il avoit avan-

1. En marge : Mail, xxvui, 20. — 2. Hebr. vi, 20. — 3. S. Petr. v, 4. 4. S. Petr., il, 25. — 5. Rom. xv, 6. — 6. Rom. xv, 13. — 7. Rom. xv, 14. 8. Extrait des Mémoires sur les dues et pairs faits pour le Roi et pour Mme de Maintenon en 170G : Bibl. nai., ms. Clairambault 710, p. 29-31.

ci'is dans le, livre qu'il avoit composé pour se mettre hu-dessus des an- Ires, en qualifiant sa maison du titre d'auguste, titre réservé aux Hni|»creurs et à la seule maison royale1, on fit, il y a quelques années, une satire contre cet ouvrage*, et l'on s'attacha principalement à avilir son

nom et ses ancêtres en les confondant avec la noblesse la plus petite; mais, quelque chose qu'on ait pu dire à leur désavantage, il est cependant d'une notoriété reconnue que la maison de Clcrmont est au moins l'une des plus anciennes, des plus illustres, et des plus qualifiées de la province de Dauphiné, si elle n'est pas la première, parce que les seigneurs de Sasscnage lui disputent celte prérogative3.

« Sibaud, seigneur de Clermont, vivant l'an 10X0, tenoit sa terre sans reconnoitre aucun seigneur souverain de son fief'4. Son petit-fils fonda l'abbaye de Haute-Combe, en Savoie. Le dernier des Dauphins, llumbert, qui donna le Dauphiné, l'an 1343, au roi Philippe de Valois, voulant s'attacher ces seigneurs et les rendre ses vassaux, les créa premiers barons, grands maîtres, maréchaux et connétables héréditaires de Dauphiné5; et il y a près de quatre cents ans que Geoffroy, seigneur de Clermont, épousa d'égal à égal Béatrix de Savoie.

« C'est de ce mariage que descendit Aynard II, baron et vicomte de Clermont, qui étoit marié l'an 1339 avec Agathe de Poitiers, fille d'Aymard IV, seigneur des deux Clermont l'an 141 1 6, comte de Valentinois et de Diois, et de Sibylle des Daux, dont la mère, Marguerite d'Anjou- Sicile, princesse de Tarente, étoit fille de Catherine de Valois, impératrice de Constantinoplc; et ce fut Aynard son petit-fils qui donna le commencement à la branche des comtes de Tonneire7.

i. Ci-dessus, p. 431.

2. C'est la lettre critique sur Y Histoire, de plusieurs saints, etc., dont j'ai parlé en 1693 (tome 1, p. 28(1, note 5), lettre qui fut attribuée à l'abbé Faydit (ci-après, p. 489 et 491-492). Voyez la copie du secrétaire de Gaignières, dans le dossier bleu Clermont-Tonnerre, au Cabinet des titres, n" 5010, fol. 148. On croirait que l'auteur même, ou l'éditeur responsable du livre de 1698, Cousin, voulut rivaliser, dans sonépitre dédicatoire, avec l'abbé de Caumartin présentant à l'Académie « ce sang illustre en qui toutes les grandeurs de la terre sont assemblées, et qui tient par tant d'autres endroits à tant de maisons souveraines. » Le dossier 50 10 renferme un exposé de ces parentés, fol. 41-54.

3. Voyez ce que Laine en a dit dans son Dictionnaire véridique des origines des maisons nobles, tome I, p. 200-2(13, et le Grand dictionnaire géographique d'Expilly, tome II, p. 372.

4. Comparez l'Etat de la France (Mémoire du Dauphiné), par le comte de Boulainvillicrs, tome VII, p. 478-481.

5. En 1697, ils réclamèrent leur droit à ces chargés héréditaires selon la convention passée avec llumbert II en 1340 : voyez la Gazette de Leijdc, correspondance de Paris, 18 mars 1697, le Mercure du mois, p. 53-79, celui do septembre 1678, p. 77-80, et le Journal des savants, 1697, p. 76-78.

6. C'est Aynard II de Clermont qui était seigneur de Clermont en Viennois et de Clermont en Trièves, en 1331, et non en 1111.

7. Il existe une Note relative à la maison de Clermont -Tonnerre et à l'a-

« Cotte maison est divisée on plusieurs branches. Celle des comtes de Tonnerre, qui est l'aînée, fut honorée de la dignité de duc et pair, dès l'an 1573, on la personne d'Aynard1, comte de Clermont et vicomte de Tallard, qui avoit épousé Diane de la Marck-Bouillon, veuve de Jacques de ('lèves, duc de Nevers, et remariée avec Jean Babou, comte de Saxonne, l'an 1588 : à cause do quoi on disoit que cette comtesse avoit épousé un prince, un gentilhomme et un roturier, parce que Babou, quoique (ils do Jean Iîabou, seigneur de la Dourdaisièro, grand maître do l'artillerie de France l'an 1568 et chevalier de l'Ordre, étoit fils d'un homme de rien qui s'éleva sous le règne du roi François Ior, et qui devint son trésorier général et maître de. toutes les finances; Comme Gabriellc d'Estrées, duchesse de Beaufort, étoit petite-fille, par sa mère, de ce trésorier, son sang se trouve aujourd'hui mêlé avec la maison de Savoie, avec la maison de Vendôme, et avec un nombre considérable des plus grands seigneurs du Royaume".

« L'évèque de Langres3 est frère du feu comte de Tonnerre. La feue duchesse de Luxembourg4, mariée avec le feu maréchal de Luxembourg, Montmorency-Boutevillo, étoit cadette de cette branche.

<■ Les marquis de Cruzy sont les premiers cadets de Tonnerre.

<■ Les seigneurs de Dannemoine font la troisième branche de Tonnerre, et sont dans une affreuse, pauvreté.

« Les comtes de Thoury et les barons de Courcelles font la quatrième branche de ceux-ci. Il y en a une fille à Saint-Cyr5.

« La branche des seigneurs de Montoison est séparée de la tige commune en 1450. Ils se ront rendus très célèbres dans les guerres d'Italie, sous les règnes de Louis XII et de François Ier.

« L'évèque de Laon est de la branche de Chaste-Roussillon6, séparée de la tige commune l'an 1190.

« Il y a d'autres branches, qui sont à présent fort pauvres, comme les seigneurs de Gessan, cadets de Chaste, quoique, de nos jours, ils aient eu un grand maitre de Malte. La petite-nièce de ce grand maître est à Saint-Cyr depuis deux ans7. »

doption du nom de Tonnerre par tous les descendants d'Anne de Ilusson, comtesse de Tonnerre, imprimée in-fol., vers 18o3.

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