‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 355 sur 548 · L'ABBÉ BIGNON · texte numérisé non relu

L'ABBÉ BIGNON

sadeurs; mais il y a apparence que c'est une calomnie, et, si cela étoit, on ne lui auroit pas donné la survivance pour son neveu. » Quelques jours après que Marais eut écrit cela1, il apprit que l'abbé avait ordre de ne plus venir en cour, et, en marge du premier passage, il a porté plus tard, après 173.''), quand l'abbé de Clianccy, ancien jésuite et garde des estampes, eut été mis en jugement, cette note : « L'abbé Bignon ne paroit point, et est à sa tour de Mantes (l'Ile-Belle?) ; il est fort soupçonné dans cette affaire"2. » Somme toute, s'il y a quelque exagéra tion malveillante dans les dires de Saint-Simon, le fond en est plus exact que ne parait l'avoir cru un récent biograpbe de Jean-Paul liignon5; deux pièces de vers, prises entre les documents recueillis par Clairambault4, vont en fournir la confirmation, et nous édifier sur la part prise par l'abbé à des affaires compromettantes et sur sa conduite privée.

Épître a l'abbé Bignon-5.

Abbé non moins fameux dans le cercle des belles Que sur le mont sacré des neuf doctes pucelles, Puis-je te détourner de ces soins importants Que te donnent l'amour, le Conseil, les savants0? Puisque c'est sous tes doigts que s'amollit la cire Pont le vif Pontchartrain dirige cet empire7, Ris-moi par quel destin Faydit8 et Fénelon Et les fabricateurs des titres de Bouillon, Ces doctes, ces hardis, ces renommés faussaires, Fatiguent le public de leurs vaines chimères 9. Depuis un lustre et plus, Faydit, pour ses beaux faits, Fut par ordre du Hoi renfermé, tu le sais, Et qu'inutilement Messieurs de Saint-Lazare Ont signalé leurs bras sur cet homme bizarre. Son cerveau, desséché par l'étude et la faim, Contre son mal pressant te demande du pain.

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