‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 365 sur 548 · Ci-après, p. 465 et · texte numérisé non relu

Ci-après, p. 465 et

3. Charles-Gaspard I", morl !<• ï't janvier 1716, veuf depuis 1682.

qu'il appuie les faits de dissertations dogmatiques et de documents officiels, comme aurait pu le faire I' « avocat du diable » dans une instance en canonisation. Son mémoire était destiné à l'impression, puisque, à latin du préambule1, il annonce qu'il recevra toutes les rectifications avec gratitude et corrigera ses erreurs dans une seconde édition; mais je n'ai pas su en trouver un exemplaire imprimé, et, ce qui est encore plus regrettable, je ne puis mettre avec certitude un nom d'auteur au bas de ce factum si important ; à peine oserai-je risquer plus loin une supposition2. D'ailleurs, la modération relative du réquisitoire et son caractère méthodique, scientifique, en même temps que naïf, semblent garantir l'authenticité des faits avancés et la bonne foi de l'enquêteur ; on en pourra juger par les extraits dont je rapprocherai, à l'occasion, d'autres témoignages contemporains.

Voici maintenant l'origine du récit du 22 septembre 1700, dont le ms. 18 832 contient les brouillons. La même femme de qui nous avons deux comptes rendus dans l'autre ms. 19 855, l'a rédigé quatre semaines avant sa première entrevue avec Duguet, ou plutôt l'a dicté à l'auteur du ms. 18 832, sur la demande d'un ami ou d'un directeur désireux de savoir « ce qui s'était passé entre M. Boileau et elle au sujet de Catherine d'Almayrac. » Elle y raconte ses rapports avec l'un comme avec l'autre depuis 1693-94, date du premier séjour de Catherine à Paris. Cette relation, nous le verrons, tournait à la confusion de l'abbé Boileau en même temps que de la Béate, et, comme elle fut mise en circulation, des amis en donnèrent quelque inquiétude à l'abbé. Sachant cela, l'auteur, son ancienne pénitente, crut convenable de lui en porter une mise au net le 4 novembre 17003, c'est-à-dire entre les deux entretiens qu'elle eut avec Duguet, recueillit toutes les observations ou rectifications présentées par l'abbé, et, rentrée chez elle, les consigna en marge de la mise au net, et ajouta à la fin un compte rendu de leur entrevue. Disons tout de suite que Boileau n'avait pu, quant au fond, nier l'exactitude du récit, et qu'il se bornait à contester très faiblement quelques détails.

Tels sont les documents principaux à l'aide desquels on peut reconstituer d'abord la « carrière » de la Béate, puis sa mission et ses œuvres merveilleuses.

Page 1