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soler de la calomnie. Nul doute donc que Boileau n'ait été le trait d'union entre Rose et cette dame, qui devint non seulement sa principale adepte, mais sa protectrice en titre, ne la quittant d'un pas, la logeant avec elle au palais de Luxembourg ', où le Roi lui avait conservé son appartement de dame d'honneur, l'hébergeant au château de Vibraye, lui fournissant tout un train de chevaux, de carrosses, de serviteurs, au besoin même lui cédant le pas et s'effaçant devant elle. Nous la retrouverons plus d'une fois dans la suite de ce récit, et, à côté d'elle, une parente ou amie, la comtesse de Turbilly, fille du marquis de la Rongère, chevalier d'honneur de Madame-.
Mme de Harlay, qui ne sera pas moins fortement impliquée dans les affaires du parti, n'était ni la femme de ce fils du premier président que nous avons vu se marier en -1693, ni la femme de M. de Harlay- Cély, le jeune débauché qui a eu l'honneur de venir annoncer à Versailles la conclusion des traités de Ryswyk et s'est marié l'année suivante3, mais la mère même de Cély, la femme de l'ambassadeur Harlay-Bonneuil et la fille chérie du chancelier Boueherat4. Elle avait environ quarante-cinq ans; on peut se souvenir que sa corpulence, son ardent coloris, faisaient un contraste plaisant avec la pâleur de son mari, maigre comme un squelette5. Les Annales de la cotir et de. Paris pour 1697 et 16986 prétendent que c'était une ancienne joueuse, ramenée à la vertu par le P. de la Tour : c'est donc par celui-ci qu'elle put venir à Rose. Elle entraîna aussi son fils cadet l'abbé, que Rose força à se démettre de quelques petits bénéfices par esprit d'humilité7; il eut plus tard l'abbaye de Sainte-Colombe de Sens, mais ne fit guère parler de lui, et mourut le 46 février 1714.
Une fille de Mme de Harlay, la marquise de Vieuxbourg, qui était veuve depuis 1693 8 de son cousin germain, aussi petit-fils du Chancelier, est citée à côté de Mme de Vibraye9; nous ne savons rien d'elle.
On a rencontré plus haut le nom de Mme Daguesseau, comme ayant fait des visites à la rue Saint-Dominique. C'est cette cousine germaine de Pontchartrain, mère du futur chancelier de Louis XV, que Saint- Simon nous a dite « aussi vertueuse que son mari, et de plus d'esprit encore, » mais tous deux «soupçonnés de jansénisme10. » Duguet était son directeur; nous avons un bon nombre de lettres spirituelles qu'il lui écrivit et la Conduite d'une dame chrétienne, qu'il composa pour elle vers 1680".
1. Elle y était lorsque vint l'ordre d'expulsion de 1701 : ci-dessus, p. 80, note 1.
-2. Henriette-Antoinette de Quatrebarbes de la Uongère, mariée : 1° au marquis de Rousselé de Sache, mort en 1692; 2° en 1698, à François de Menon, comte de Turbilly; morte en avril 1711, à quarante-six ans.