Ms. 18 83-2, fol. 101. — 2. Ibidem, fol
3. Sur cette femme extatique ou possédée, du diocèse de Coutances, voyez le ms. 18832, fol. MO V, et ci-dessus, p. 181. note 3.
4 Ci-dessus, p. 87, note i. — 5. Tomes III, p. 45-47 et 590, IV, p. 0-2, etc.
0. Arch. nat., 01 44, fol. 500 v°, 599, 001, 610 Vet 0'28 v°. Elle était allée en Orléanais, où l'intendant eut ordre de la surveiller; mais, à l'habitude, elle résidait dans sa communauté.
Probablement il s'en fallut peu que Rose ne subit le même sort que d'autres aventurières ou illuminées de ce temps-là : la Bastille, l'hôpital généra] ou la juridiction séculière'; mais, à défaut d'une Miramion pour lui donner retraite i, les amies puissantes ne lui manquaient pas pour parer le coup en partie, et elle ne fut frappée que par la juridiction ecclésiastique, qui se borna à l'expulser du diocèse de Paris en février 1701 s. Les plaintes de M. de Saint-Louis l'emportèrent donc sur le crédit dont Boileau jouissait à l'Archevêché4. On ne fît toutefois ni procédure ni examen, sans doute parce que M. de Noailles connaissait de vieille date les antécédents de la Béate pour avoir fréquenté l'évèché de Rodez au temps des scandales de Lagnac, de Sévérae et de Toulouse5.
Rose se retira d'abord à Compans, dans la belle terre que Mme de Harlay avait héritée du Chancelier son père. Compans étant du diocèse de. Meaux, Bossuet agit comme M. de Noailles6, et l'exode continua. « On sait qu'il y a eu, depuis trois mois, des ordres très exprès de s'assurer de sa personne; qu'on est allé pour cet effet à Compans, dans le diocèse de Meaux, avec bonne et fidèle escorte; qu'on lui a fait de nouvelles défenses d'aller à Paris; qu'aucun évoque ne la veut souffrir dans son diocèse, et qu'à l'heure qu'il est, elle est cachée comme un hibou, et ne sort que la nuit et à la faveur des ténèbres. Tout cela fait mal dans un royaume catholique et sous un roi très chrétien qui se fait un mérite de protéger les personnes de piété et de vertu, bien loin de leur donner la chasse et de les persécuter7. »
C'est alors que l'abbé Boileau écrivait à l'évèque de Châlons, c'est-àdire au frère cadet de l'archevêque de Paris8 : « La personne dont il s'agit est sur le point de retourner en province, à moins que Dieu ne fasse un miracle pour le (?) retenir. Il y a toujours beaucoup de mouvements contre elle, sourds et publics. On fait courir des pièces qui éblouissent ceux qui ont les yeux tendres et qui ne sont pas instruits. Que le monde est méprisable! Que Dieu est aimable! » Ce doit être de Rose qu'il s'agit.
Elle était emmenée par ses amis dans le diocèse du Mans, à Vibraye ;