Sainte-Beuve, Port-Royal, tome VI, p. 56 et
6. Voyez notre tome VI, p. 103-104, notes, et ci-dessus, p. 505, note 4, et les Notes de M. Tamizey de Larroque, p. 16-17.
7. Janvier 1704, p. 269-273, article fait à l'occasion de sa nomination comme chanoine.
8. En 1704, Boileau avait encore ses entrées à l'Archevêché et y dînait souvent.
l'art difficile de conduire les âmes dans la voie du salut, » joignant à de rares connaissances « celle de la morale, qui n'est pas moins nécessaire pour régler le cœur et assujettir les passions. » Et cependant Sainte- Beuve a lu dans les documents jansénistes1 que Boileau, à sa mort (10 mars 1735), était encore •< plein d'estime et de respect » pour la mémoire de sa Béate!
Pour le P. de la Tour, nous le retrouverons, dans la suite des Mémoiies, le plus touchant des prédicateurs, le plus écouté des conseillers de l'Archevêché, mais entrainant du côté de Port-Boyal, et même du jansénisme, ses pénitentes de distinction, les Tourelles, comme les appelait Tessé*. On a vu quelle fut la destinée de l'abbé de Jougla; quant à l'abbé Dejean, il serait piquant de le retrouver, en 1737, dans un Père de ce nom qui surveillait alors les convulsionnaires de Toulouse3.
La Béate ne parait plus avoir fait parler d'elle depuis sa sortie de France, et je n'aurais même pu connaître la date de sa mort sans l'extrême obligeance de M. l'abbé Ducis, archiviste du département de la Haute-Savoie, ('/est à Annecy même4, dans l'hôpital de Notre-Damede-Liesse, qu'elle finit ses jours, le 12 avril 1722, munie des sacrements de l'Église, et son corps fut inhumé, le jour suivant, au cimetière de la collégiale contiguë à l'hôpital5.
L'examen étant fini, que reste-t-il des vertus, des mérites, des facultés de cette femme « extraordinaire, » de ce que Saint-Simon appelle sa vivacité, son éloquence, sa science, sa divination? Malgré la bonne foi naïve de notre auteur, ne regrettera-t-on pas, pour son honneur à luimême, qu'après avoir eu un instant la faiblesse de céder à l'entraînement et au fâcheux exemple donné par des maîtres très respectables, au lieu de se tenir sur la réserve comme, ce vénérable abbé de Rancé et comme son successeur, comme ce Saint-Louis si sensé, il n'ait pas du moins abjuré à jamais ses illusions passées, ainsi qu'il semblait tout prêt à le faire dans cette excellente page de son Addition sur le duc de Beauvillier : « Avec tant de lumières et de sagesse, il est surprenant que rien ne l'ait pu détacher, ni le duc son beau-frère, de l'admiration et de l'attachement à Mme Guyon, à laquelle Monsieur de Cambray les tenoit enchainés, ni que la fausseté de ses prophéties ne leur ait jamais ouvert les yeux. Ainsi le célèbre Louis de Grenade,