Archives de la Bastille, tome XIV, p
4. L'auteur de la Question curieuse doit donc s'être trompé quand il a •dit que la Béate avait été expulsée du diocèse de Genève en 1701.
5. Acte d'inhumation : « Du 13 avril 1722, à Notre-Dame, demoiselle Catherine Dalmirach, de la paroisse de Loignac, diocèse de Rhodes [sic), âgée d'environ ".'> ans, munie des sacrements. C. Faure, recteur. »
trompé par une fausse ou folle dévote, n'a pu être canonisé. Ainsi, de nos jours, M. Duguet, si connu par la sublimité et la délicatesse de son esprit, par la profondeur et la solidité de son vaste savoir, par le nombre et l'excellence de ses divins ouvrages, et M. Boileau, plus cacbé, mais non moins profond, pur et sublime, ont-ils été infatuée d'une sœur Rose qui fut enfin proscrite de partout, et qui les a captivés, toute leur vie, de son estime et de son admiration. Ce sont de ces prodiges d'un mélange de force et de foiblesse, de lumières et de ténèbres, que Dieu permet quelquefois pour montrer aux hommes, dans les plus élevés en science et en vertu, quelle est leur misère et leur
néant propre1 » ? Que s'est-il donc passé entre le temps où fut écrite
cette Addition et celui où nos Mémoires ont été rédigés ?
Il est vrai que nous avons affaire à un singulier esprit, toujours inconséquent, incessamment ballotté entre le respect humain, le sentiment religieux, et un faible puéril pour le surnaturel. Tout en reprochant, par exemple, à M. de Boulainvilliers, d'avoir prédit le faux comme le vrai, d'avoir voulu pénétrer les secrets de l'avenir, de s'être « infatué de curiosités défendues qui rendoient son commerce suspect3; » tout en remontrant à son bon ami le duc d'Orléans « la vanité de ces sortes de curiosités, les justes tromperies du Diable que Dieu permet pour punir des curiosités qu'il défend, le néant et les ténèbres qui en résultent au lieu de la lumière et de la satisfaction qu'on y recherche3, » nous le verrons recevoir avec complaisance les confidences de ce genre, sinon prendre sa part des « curiosités. » Evidemment il admettait et les prévisions merveilleuses de l'avenir, et le mirage dans ce verre magique qui avait joué un si grand rôle chez les empoisonneurs, au temps de sa naissance4, et les entretiens mystérieux de d'Effiat avec le Démon ou quelqu'un de ses suppôts5, et les prédictions de mort à son ami Coëtquen, au fils du maréchal d'Humières, et « l'histoire extraordinaire » du marquis de Rochechouart-Faudoas6, et la prophétie du mariage de Mme Scarron avec Louis XIV, qui lui-même était « toujours curieux de
l'avenir, et bien aise de voir ceux qui se sont mêlés de le prédire7. »
Se rappelle-t-on8 qu'en 1697 la honte seule l'a arrêté à moitié chemin, comme il allait voir ou consulter cette prétendue possédée de Mettloch, laquelle, en fin de compte, « n'étoit rien moins, mais ou une espèce de folle, ou une pauvre créature qui cherchoit à se faire nourrir » ?