‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 410 sur 548 · DAMAS OU DAMES DU PALAIS · texte numérisé non relu

DAMAS OU DAMES DU PALAIS

« Anciennement, et jusqu'à l'an 1706, on recevoit pour ce qu'on appeloit damas les filles de grands d'Espagne et des maisons des plus illustres2; elles ne sortoient du palais que pour s'établir. iMais, à présent, ce sont des dames mariées ou des veuves. Les appointements qu'on leur a fixés de ce règne sont de cinquante mille réaux3, et cinq mille réaux pour leur logement. Elles alternent pour le service par jour. Celle qui est de garde est obligée de se trouver à la toilette, quand S. M. s'habille, et aux repas, où elle sert à genoux la coupe à la reine ; et dans l'absence de la camarera-mayor, elle en fait les fonctions. Quand la reine sort, elle suit S. M. dans un carrosse de l'écurie de la reine qui suit immédiatement celui des officiers qu'on appelle de la chambre. »

GUARDAS-MENORES4.

« Il y a quatre de cette espèce d'emploi de femmes; il suffiroit d'en avoir moins. Leurs fonctions se réduisent à être gardes des dames et à se tenir dans la pièce attenant à l'antichambre, où elles ont soin de ne laisser passer ni entrer personne dans la chambre de la reine. S'il en sort quelque ordre, ou s'il vient quelque message du dehors, elle en avertit la camarera-mayor; elle en rapporte la réponse au guardadamas, qui la passe.

« Il est de leur obligation de voir et d'observer si quelques femmes tiennent des conversations publiques ou secrètes avec quelques hommes, et les détourner et interrompre, et d'en user de même, si on jouoit quelque jeu déréglé, ou entendoit des discours ou paroles peu sortables aux respects dus au palais.

« Après le dîner ou le souper de la reine, elle sort pour fermer la porterie jusqu'aux heures marquées pour l'ouvrir, et, la nuit, elle porte les clefs à la guarda-mayor . Elle fait la ronde par les galeries et traverse les appartements des femmes, pourreconnoitre et veiller à ce qu'il ne s'y passe rien contre le respect et la bienséance du lieu. Elle examine de nuit, avant de se coucher, les cheminées, braisiers, lumières, pour garantir du feu et tenir de la clarté partout où il doit y en avoir. Elles ont chacune, en tout, huit mille quarante-quatre réaux, pour ration, gages, infirmeries et logement. >•

Page 1