‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 425 sur 548 · LE PATRIARCHE DES INDES · texte numérisé non relu

LE PATRIARCHE DES INDES

« Est un titre et un nom vain. C'est un évèque sacré in partibus infidelium sous ce titre des Indes, où il n'a aucune sorte de jurisdiction, non plus qu'en Espagne. Il est premier aumônier-né, et toujours à la cour, en fait toutes les fonctions, et aussi5 toutes celles de grand aumônier, parce que l'archevêque de Compostelle l'est par son siège né, mais ne sort jamais aussi de son diocèse. N'est point grand.

« Ce prélat est âgé de [ ]6 ans, de la maison Boccanegra comme le cardinal, avec qui toutefois il n'est pas bien, parce que la chapelle du roi a de grandes immunités, que ce patriarche soutient fort, et que le cardinal, qui est diocésain de Madrid, attaque volontiers. Il vient même, de Madrid, de l'y faire renvoyer du voyage, par le roi, sur une dispute qu'il a eue avec le comte de Benavente7, sumiller dcl corps8, prétendant l'un et l'autre tenir la nappe de la communion du côté du roi tandis que la princesse des Ursins, camareva-mayor, la tenoit du côté de la reine, LL. MM. communiant ensemble : en quoi le patriarche a été condamné et renvoyé, comme on vient de le dire, à Madrid. Il est frère du comte de Montijo, grand de la seconde classe et conseiller d'État, a une considération médiocre, sait peu de latin, ne manque pas néanmoins d'esprit ni de lecture, a eu deux fois la vérole, n'a jamais mangé de pain, peut être nommé un méchant coquin, hargneux9, difticultueux, haineux, médisant, mal intentionné, pestant toujours contre le gouvernement.

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