Ci-dessus, p
540 APPENDICE Ml.
de l'autre, le traité de partage se concluent lorsque M. d'Uarcourt écrivit ces propositions, sans s'en être toutefois chargé : de manière qu'ayant reçu réponse de n'y entier en rien, il se retira de dépit, comme on a su, auprès de Madrid, et ne lit pins que tuer des lapins, sans voir personne, jusqu'à son rappel, qui fut lorsque le traité de partage éclata1. L'Amirauté a cinquante-cinq ans.
o Ce seigneur, qui, avant son titre, s'appeloit comte de Melgar, fut exilé sur la tin du dernier règne par les intrigues du cardinal, dont il est ennemi déclaré. A de l'esprit infiniment, de la politesse, l'air et les manières aimables; très riche, très ambitieux, mais très paresseux; passe pour très attaché à la maison d'Autriche, mais, dans le fonds, ne l'est qu'à ses intérêts, qu'il préfère à tout; n'a point de probité, et prend toutes sortes de formes pour plaire; est très insinuant, obligeant, caressant, curieux; aime excessivement les jésuites, en a toujours quatre dans sa chambre, et ne mange jamais sans eux; n'es! ni dévot. ni débauché, ni savant, mais aime les gens de lettres, et, entre ces jésuites, il y en a un italien qui a de l'esprit comme cent diable-, et qui est d'une excellente compagnie. Tousles quatre logent chez lui, et il ne fait rien sans eux. A quatre palais dans Madrid, pour les quatre saisons de l'année, qui sont tous magnifiquement meublés, avec- de beaux jardins pour le pays, et y loge dans tous par saisons. Est depuis quelque temps très lie'' avec le duc de Montalte-, et se va lier avec son ennemi le cardinal, qu'il gouvernera, s'il est assez sot pour le souffrir, dont il est bien capable, et cela par les intrigues de la comtesse de Palme, nièce du cardinal, comme il est lié avec Montalte par les intrigues de la marquise del Carpio, que ledit Montalte aime, et ces deux femmes gouvernent tout Madrid3. L' Amirauté est haï du peuple, craint des grands; personne ne se lie à lui, et il en plaisante le premier. 11 seroit certainement dangereux, s'il n'étoit pas si paresseux4 : l'esprit ne l'est point; mais, pour le corps, il faut, à quelque prix que ce soit, qu'il se repose et qu'il ne se donne aucune sorte de mouvement. Est ami intime du prince de Vaudémont et ennemi déclaré du duc de Medina-Sidonia et de tous les Guzmans. Est gentilhomme5 de la chambre sans exercice. Veut gouverner et perdre tous ceux qui gouvernent ou ont apparence de gouverner à l'avenir, et ce pour cette seule raison, sans distinction. C'est le seigneur d'Espagne qui fait la plus grande figure, et, quoique laid, qui a le plus grand air. De façon ou d'autre, il fera parler de lui, car c'est ce qui s'appelle un personnage. C'est un homme haut et libre, et le même qui, sous le feu roi, allant en son exil, s'arrêta à Tolède et y donna une fête magnifique de taureaux, puis se logea dans l'Alhambra, qui est le palais des anciens rois de Grenade
1. C'est précisément ce qui a été raconté dans notre tome VII, p. 125-126.
2. Ci-après, p. 551 et 551*. — 3. Ci-après, appendice XV, p. 581. i. Ce mot surcharge ilniif/ereux.