‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 441 sur 548 · Ces cinq mots surchargent : frère du marquis de Quintana · texte numérisé non relu

Ces cinq mots surchargent : frère du marquis de Quintana

6. Ci-dessus, p. 534-535. — 7. Ici, le t de très surcharge un d.

8. Avant ce mot, il a bille premiers. — 9. Avant ce mot, il a bille premier.

10. Blanc dans le manuscrit. Voyez ci-dessus, p. 61 et 543, et ci-après, Additions et corrections, p. 669.

11. Ci-dessus, p. 219-226. Comparez notre tome VII, p. -263- "266. I"2. Blanc dans lo manuscrit.

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de la Toison d'or, qu'il a eu l'honneur de donner au roi en cette qualité, est grand écuyer de la reine douairière, dont il fait aussi l'office de majordorno-mayor depuis que le comte de San-Istevan l'a quittée1.

« Ce duc est prodigieusement riche, ennemi mortel du cardinal, et déclaré par l'occasion que voici2. 11 y a une coutume en Espagne, aussi étrange que généralement reçue. Lorsqu'une fille a seize ans, et qu'elle s'est mis en tète d'épouser un homme, quelque disproportionné que puisse être le mariage, le vicaire de la paroisse vient chez son père et demande en sa présence, et de la mère, à cette fille, si elle persiste à épouser un tel. Si elle dit que oui, il l'emmène sur l'heure chez lui, où il fait venir l'homme : là, il réitère a même question à la fille, et, si elle y répond toujours de même, et que l'homme veuille aussi l'épouser, il les marie sur-le-champ, sans autre forme, et sans que la fille puisse être déshéritée, pour cela, de ses parents. Cela s'appelle la saccade du vicaire. La fille du duc de Monteleon étoit dame du palais de la reine Palatine et vouloit épouser le marquis de Mortare, homme d'une grande naissance, mais très pauvre, qui l'enleva, et qui en fut exilé. Là-dessu>, Charles II étant mort, le cardinal, qui hait extrêmement la reine douairière, désira que le duc de Monteleon la quittât, et le lui fit sentir. Ce duc fit entendre qu'il le vouloit bien aussi pourvu qu'on le récompensât3 des charges qu'il avoit chez cette princesse, mais qu'autrement il étoit résolu à les garder. Le cardinal, piqué de ce refus en homme tel qu'il a été représenté, résolut d'en tirer une vengeance entière. Il apprit que la passion de cette fille duroit toujours pour Mortare, et il se mit à presser le duc de la lui faire épouser, et, sur son refus, à l'obliger de souffrir la saccade du vicaire. Cependant le duc, qui voyoit que la coutume secondoit la passion et l'autorité du cardinal, prit conseil de ****, et, sur leur avis, demanda au nouveau roi la permission de faire enlever sa fille, qui la lui accorda et lui en promit de plus secret. Là-dessus, le5 comte d'Ursel, gentilhomme wallon6, enlève la fille du duc par ordre de son père, la mène à Bayonne et lui fait épouser en ce lieu le marquis de Westerloo, grand seigneur flamand, à qui son père l'avoit promise, et qui s'étoit rendu en ce lieu. Cependant, le cardinal pressant de plus en plus la saccade du vicaire, le duc de Monteleon l'accepta enfin dès qu'il eut la nouvelle du mariage de sa tille par le retour du comte d'Ursel, et, le vicaire étant venu dans la maison, et y ayant bien cherché partout, il fallut bien avouer un fait

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