‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 442 sur 548 · Qu'on lui donnât une compensation : ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Qu'on lui donnât une compensation : ci-dessus, p

4. !Nom en blanc. Ce sont Louville, qu'il ne veut pas nommer par discrétion, tenant tout ce récit de lui-même, et Blécourt ou Harcourt.

:i. Le surcharge on.

li. Ci-dessus, p. 222. Ici encore, Uvsr.

f'OKTRAIT DE LA COUR D'ESPAGNE EN 170 1. 547

aussi visible, et duquel d'ailleurs il semblent qu'on ne dût rien craindre. Aussitôt le cardinal en fut informé, et en fut transporté de rage. Il médita d'en tirer une vengeance affreuse, et fut trouver le roi pour lui demander permission de poursuivre cette affaire. Le roi, jeune, et peu versé aux coutumes d'Espagne, crut que cette poursuite ne seroit qu'ecclésiastique, et comme diocésain et métropolitain, et l'accorda dans le moment. Tout aussitôt, le cardinal fit assembler le conseil de Castille, où, de concert avec Arias et Monterey, il1 rendit un arrêt, en trois heures3 de temps, par lequel le duc de Monteleon étoit condamné à perdre deux cent mille écus de rente en Sicile, applicables à la guerre, à être arrêté sur-le-champ dans le palais de la reine douairière à Tolède, où il étoit lors, et d'en être aussitôt enlevé et conduit lié sur un cheval, par six hommes, au château de l'Alhambra, en Grenade, malgré la canicule et l'éloignement de plus de cent lieues, d'y rester le reste de ses jours gardé jour et nuit à vue, et de plus à représenter sa fille pour épouser le marquis de Mortare ; sinon, à perdre le reste de ses biens. Le comte d'Ursel fut le premier qui eut avis de cet épouvantable arrêt, et qui courut chercher ***3 pour lui en donner avis, mais qu'il ne put trouver que tard, parce qu'il étoit à la promenade.***4 aussitôt fut chez le roi, qu'il trouva à la musique, de sorte qu'il lui en fallut attendre la fin. Dès qu'elle fut achevée, il entra dans un cabinet, où, seul avec le roi, il lui demanda, avec une grande et juste émotion, ce qu'il avoit fait. Le roi lui répondit qu'il voyoit bien que c'étoit la permission qu'il avoit donnée au cardinal dont il lui vouloit parler, et qu'il ne voyoit pas quel mal elle pouvoit faire. Là-dessus***5, lui raconta l'arrêt ci-dessus, et lui montra avec véhémence combien cet arrêt le déshonoroit6 après la permission qu'il avoit lui-même donnée au duc de faire enlever sa fille, et toutes les terribles suites d'une affaire si fort sans aucun exemple. Le roi, ému, lui demanda le remède à ce mal, et ***', ayant fait venir une écritoire à l'instant, dicta au roi un ordre à un officier de courir aussitôt à Tolède pour empêcher l'enlèvement du duc, et pour le suivre en diligence et le tirer des mains de ses conducteurs et de ses gardes, si la chose étoit déjà faite, et un autre ordre au cardinal d'aller à l'heure même au lieu où se tient le conseil de Castille, et d'arracher8 lui-même des registres la feuille où l'arrêt étoit écrit, et de la jeter au feu, afin que la mémoire en fût à jamais abolie. L'officier partit au même moment, et entra dans Tolède dans la même minute que celui du cardinal, qu'il empêcha de rien exécuter. Un autre fit relever le cardinal déjà couché, et chez lequel on

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