Avoient corrige ont, emprunté à Dangeau
4. Journal de Dangeau, tome VU, p. 465, et tome VIII, p. 2. C'est un colonel espagnol qui, de la part du Connétable, apporta « à Madame des lettres de la reine d'Espagne, qui demande aux deux rois leur protection, et à Madame ses bons offices auprès de S. M. Ces lettres sont en françois et pleines de grandes plaintes de la manière dont on la traite en Espagne ; elle demande qu'on punisse sévèrement le comte de San- Estevan, son majordomo-major , et la duchesse de Frias, sa dame d'honneur, qui l'ont quittée honteusement et l'ont outragée en la quittant. Elle demande cette grâce au Roi comme roi et comme cavalier, qualité qui l'engage à protéger les dames malheureuses. Le style de ces lettres est fort extraordinaire. Le Roi y a fait réponse en termes généraux. » Les
:i701i DE SAINT-SIMON. 67
conseil. Sa partialité déclarée, et sa liaison avec tout ce peu qui ne vovoit qu'à regret succéder la maison de France à celle d'Autriche en Espagne1, ne lui devoit pas laisser espérer de succès. Aussi le roi d'Espagne n'eut pas beaucoup fait de journées en Espagne, qu'elle eut ordre de quitter Madrid et de se retirer à Tolède, où elle demeura reléguée avec peu de suite, et encore moins de considération2. La junte avoit été de cet avis, et en avoit
originaux, sauf la lettre à Madame, sont au Dépôt des affaires étrangères, vol. Espagne 8ti, fol. 7-10. Ils sont datés du 1" décembre; mais, la veille, la reine avait écrit déjà aux deux rois qu'elle désirait ne pas trop s'éloigner de Madrid (vol. Espagne 85, fol. 507 et 509). 11 y en a encore d'autres du 30 décembre et du 13 janvier (vol. Espagne 86, fol. 493, et 87, fol. 162.) La lettre du Roi à M. d'Harcourt est dans le recueil Hippeau, p. 464-465.
1. Voyez notre tome VU, p. 124-126, etc., et les portraits de cette reine d'après les relations vénitiennes, ci-après, appendice XIII. Mobile à l'excès et dominée par la violence de ses passions, elle avait laissé éclater sa rage en apprenant les seconds projets de partage, puis s'était figuré qu'avec l'appui de Louis XIV elle conserverait le pouvoir sous le nouveau roi : aussi M. d'Harcourt, préoccupé d'empècber tout contact entre eux, et, en outre, de soustraire la junte elle-même à une influence dangereuse, avait tout préparé pour l'éloignement de la reine, sans qu'il y parût rien (Hippeau, A vènement des Bombons, tome H, p. 224, 315, 325-330, 341, 373-374, 386-387, 426 et 447). Son dépit de la démission de ses principaux officiers se manifesta si vivement, que la junte acheva de comprendre qu'il était nécessaire d'intervenir, et des ordres furent donnés en conséquence pour que M. d'Harcourt agit de concert avec le cardinal (ibidem, p. 358-360, 373-374). Dans l'instruction rédigée pour Philippe V par le Roi (Œuvres de Louis XIV, tome II, p. 464; comparez l'instruction pour Louville, dans le recueil Hippeau, tome II, p. 522), il était dit : « N'ayez de commerce avec la reine douairière que celui dont vous ne pouvez vous dispenser. Faites en sorte qu'elle quitte Madrid et qu'elle ne sorte pas d'Espagne. En quelque lieu qu'elle soil, observez sa conduite et empêchez qu'elle ne se mêle d'aucune affaire. Ayez pour suspects ceux qui auront trop de commerce avec elle. »
2. On apprit par le courrier du 7 février, de Burgos (Dangeau, tome VIII, p. 36), que la reine était déjà partie pour Tolède, la junte ne voulant pas qu'elle vit le nouveau roi, et, aussitôt après (p. 40), (pie la comtesse d'Ofiate, qui avait succédé à la duchesse de Frias comme camarera-mavor, s'était retirée dès la fin de janvier. A Tolède