‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 458 sur 548 · C'est Orry · texte numérisé non relu

C'est Orry

-2. Vente d'autographes parM. Eugène Charavay, 24 février 1883, n° 13 du catalogue. La première partie est presque tout entière en chiffre, sans leclure interlinéaire.

M. de Louville à M. de Torcy-.

« A Madrid, ce 4* août 1701.

<> ... Le cardinal a fait signer dans le despacho un décret au roi pour ordonner au duc de Monteleon de marier sa fille ainée, âgée de dixsept ans, à un marquis de Mortara, qui la voulut enlever5, et à qui le père et la mère ne la veulent pas donner ; et cela pendant que le duc de Monteleon est à Tolède4, sans lui donner le temps de se reconnoitre, ni dire ses raisons. Si la duchesse de Monteleon n'étoit pas venue crier miséricorde à M. de Blécourt et à nous autres, la chose serait déjà faite. M. de Blécourt en a parlé au roi ce matin, et lui a dit une petite raison qui ne vaut pas la peine d'en parler : c'est que Mlle de Monteleon est mariée au marquis de Westerloo, en Flandres; qu'elle a signé le contrat conjointement avec son père et sa mère, et que l'on a reçu hier le contrat de Flandres, signé par M. de Westerloo. Le cardinal dit au roi qu'il falloit, dès le jour même, que S. M. eût la bonté de faire marier cette fille avec le marquis de Mortara, parce que, pour peu de temps qu'il donnât, M. le duc et Mme la duchesse tueraient ou empoisonneraient leur fille. C'est par le roi que j'ai appris ce discours, et, si M. de Blécourt n'avoit pas assuré le roi qu'il lui répondoit sur sa tête que M. et Mme de Monteleon ne tueraient pas leur fille, elle serait mariée à présent en Espagne par ordre du cardinal, quoique déjà mariée en Flandre par ordre du père et de la mère. La pauvre duchesse a demandé la protection de la France pour sa fille, qu'elle envoie en poste à Bayonne ; mais elle craint bien que le cardinal ne la fasse enlever et marier en chemin. Voilà ce que c'est de n'avoir personne dans le despacho qui puisse s'opposer à des desseins si violents!... »

M. de Louville à M. de Torcy*.

« A Madrid, ce 15" août.

« Je vous avois promis, Monseigneur, par ma dernière lettre, que l'affaire du duc de Monteleon alloit faire un terrible éclat : le succès a

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