‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 482 sur 548 · LES BOURNONVILLE · texte numérisé non relu

LES BOURNONVILLE

sacre du Roi, l'an 1654'. Alexandre de Bournonville, son frère aîné, obtint aux Pays-Bas l'érection de la terre de Buggcnhout, au duché de Brabant, en principauté; elle lui donna séance aux états de Brabant, après le duc d'Arschot, qui y tient la première place, et avant tous les marquis et comtes. En 1660, la paix étant faite entre les couronnes, il vint en France pour répéter sur son frère le duché de Bournonville, qu'il prétendoit lui appartenir comme aine. Le comte de Fuensaldagne, ambassadeur d'Espagne, intervint pour lui, et représenta qu'il n'avoit été privé de son droit qu'à cause du parti qu'il avoit suivi. Enfin, pour faciliter l'accommodement des deux frères, S. M. accorda, par un brevet du "2-i septembre 1660, au prince de Bournonville, les mêmes honneurs dont jouissoit ou pouvoit jouir le duc de Bournonville son frère, et sans conséquence pour aucuns autres à qui le roi catholique auroit érigé leur terre en principauté. Par une transaction du 25 du même mois, faite par la médiation de feu Monsieur le Prince Louis de Bourbon, il est dit expressément qu'en cas que les enfants des deux frères ne se marient pas ensemble comme ils y sont exhortés, le duché de Bournonville retournera, après la mort sans enfants mâles d'Ambroise, duc de Bournonville, à Alexandre, prince de Bournonville, son frère, et à ses enfants mâles, en payant par eux, au denier trente, la valeur dudit duché, dans cinq ans après le décès du duc2.

•• Le prince de Bournonville a depuis commandé en plusieurs occasions les armées de l'Empereur et du roi d'Espagne, a été fait chevalier de la Toison d'or, vice-roi de Catalogne et de Navarre, et a été traite'1, ainsi que son père, de cousin et parent par les rois et les reines d'Espagne. J'en ai eu des preuves originales depuis 1627 jusqu'en 1690.

« Le prince de Bournonville, fils unique du prince de Bournonville, a réuni en sa personne, par la mort de son père et de son oncle, les droits sur le duché de Bournonville, suivant les clauses des lettres d'érection et de transaction de 1660, et il semble les avoir fortifiés en abandonnant les établissements que les grands emplois de son père auroient pu lui procurer à la cour d'Espagne, pour s'établir à celle de France par son mariage et par ses services dans les troupes. Les droits honorifiques qu'il pourroit demander sont fondés sur une jouissance depuis

1. Le duc de Luynes avait été désigné pour représenter le comte-pair de Champagne; c'est parce qu'il refusa de passer après le maréchal de Schônberg, représentant le comte de Flandres, ou M. de Caudal le, représentant le comte de Toulouse, que M. de Bournonville lui fut substitué : voyez notre tome 111, p. 313, note 3, la notice Hoi a.nnkz, dans les Écrits inédits, tome VII, l> i\-l, et la notice Bournonville, ci-dessus, p. 003. La lettre de refus du duc de Luynes est aux Archives nationales, K 1714, n° 66.

2. Clairambault avait réuni toutes les pièces decetaccord et la correspondance de l'ambassadeur qui y a trait dans le même registre de la Pairie KK 599, p. 388-397. Le brevet et l'acte notarié ont été publiés dans l'Histoire généalogique, tome V, p. 821-8*23. Comparez la Gazelle de 1660, p. 880, et la Muse historique, tome iii.p 259

1600 jusqu'à la mort de son père, arrivée l'an 1690, autorisée par des lettres patentes et brevets des rois Henri IV, Louis XIII et Louis XIV : ce qui ne se trouve dans aucune autre des maisons des Pays-Bas qui prétendent aux mêmes privilèges1. »

1. Lorsque le prince avait été fait enseigne aux gendarmes de la garde, avec rang de mestre de camp, il avait obtenu le traitement de cousin par brevet du 5 mai 1692, sur production d'un mémoire justificatif que Clairambault a recueilli avec les autres titres de la maison : Arch. nat., KK 599, p. 349-350; registres delà maison du Roi, 01 30, fol. 120 v°. Voyez aussi une lettre du prince au duc, KK 599, p. 401-403.

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