‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 491 sur 548 · GRANDESSE DU DUT. DE BEAUVILLIEI1. 64S · texte numérisé non relu

GRANDESSE DU DUT. DE BEAUVILLIEI1. 64S

second du 3e juin, et le dernier du 29" octobre 1701, dont le résultat est que notredit frère et petit-fils fait uotredit cousin grand d'Espagne do la première classe, tant pour en jouir et être maintenu personnellement dans tous les grades, honneurs, prééminences, cérémouies, préférences et prérogatives dont jouissent et peuvent jouir, soit par le droit ou par les lois du royaume d'Espagne, soit par les coutumes anciennes et modernes, les autres grands d'Espagne, que pour faire passer ces mêmes grades, traitements et honneurs aux successeurs de notredit cousin dans la maison et comté de Buzançois, chacun en son temps et à perpétuité; qu'à cet effet ils portent et puissent porter toutes les marques, user et exercer toutes les cérémonies dépendantes de cette dignité, ainsi qu'il est plus au long expliqué par Iesdits décrets. Et comme nous sommes bien aise de marquer en toutes occasions combien nous sommes content des services importants que notredit cousin nous rend tous les jours, et faire connoitre en même temps l'approbation que nous donnons à ce que notredit frère et petit-fils a fait en sa faveur, nous ne nous sommes pas contenté de lui accorder par notre brevet du 19° décembre 1701 la permission d'accepter cette dignité, et de le relever et dispenser, en conséquence, de tous les empêchements qui pourraient lui être opposés à cet effet, tant à cause des charges, dignités et emplois, qu'à cause des défenses générales faites à tous nos sujets d'accepter aucuns grades, dignités, charges, offices et emplois qui peuvent leur être offerts par des princes étrangers ; nous voulons encore lui accorder nos lettres qui lui sont nécessaires pour jouir de cette grâce dans toute son étendue. Pour ces causes et autres grandes considérations à ce nous mouvant, après avoir vu et examiné en notre Conseil Iesdits trois décrets de notredit frère et petit-fils le roi d'Espagne, dont copies sont ci-attachées, avec copie de notredit brevet, sous le contrescel de notre chancellerie, de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, nous avons de nouveau, en tant que besoin est ou serait, permis et accordé, et, par ces présentes, signées de notre main, permettons et accordons à notredit cousin le duc de Beauvillier d'accepter Iesdits décrets nonobstant les défenses générales qui sont faites à tous nos sujets de recevoir aucune grâce, charges, dignités ou emplois qui peuvent leur être offerts par d'autres que par nous; voulons et entendons que notredit cousin et ses successeurs à perpétuité dans la maison et comté de Buzançois aient ledit traitement de grands d'Espagne de la première classe, et qu'ils jouissent et soient maintenus dans tous les honneurs, rangs, prééminences, privilèges et avantages qui y sont attachés dans notre royaume ; déclarons en outre que, conformément au dernier desdits décrets, il suffira, pour jouir de la même grâce par les successeurs de notredit cousin dans la maison et comté de Buzançois, de prouver qu'ils descendent de notre cousin et qu'ils ont la propriété et possession de ladite comté par quelque titre que ce soit, en sorte que la grandesse soil héréditaire et annexée à ladite comté de Buzançois en faveur de

(il(i APPENDICE XXII.

ceux de la famille de aotredit cousin qui la posséderont; voulons cl ordonnons, à cet effet, que notredit cousin et ses descendants audit comté de Buzançois soient qualifiés, tenus, censés et réputés ]>ar tous nos sujets comme grands d'Espagne de la première classe, et que cette dignité et prérogative soit attachée à ladite terre pour en faire jouir, comme dit est, à perpétuité, tous ceux de la famille de notredit cousin qui la posséderont. Si donnons en mandement à nos amés et féaux conseillers les gens tenant notre cour de parlement à Paris, et à tous autres nos officiers et justiciers qu'il appartiendra, que ces présentes ils aient à faire registrer, etc. Donné à Versailles, au mois de février, l'an de grâce 1702, et de notre règne le cinquante-neuvième. »

Lettre du roi d'Espagne à la duchesse de Beauvillier1. «Au Bucn-Rctiro, le 25e avril 1701.

«Je ne veux pas, Madame, que vous appreniez par d'autre que par moi ce que je viens de faire pour M. de Beauvillier. Je suis persuadé que vous y serez sensible, et par rapport à lui, et par rapport à vos enfants, que je n'y ai pas oubliés. Je l'ai fait grand de la première classe, et n'ai rien omis de ce que j'ai cru qui pouvoit lui faire plaisir. J'ai été bien aise de lui donner cette marque de ma reconnoissance, et de vous marquer en même temps que j'ai pour vous beaucoup d'estime et d'amitié.

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