‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 490 sur 548 · I . Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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bonnes qualités de notre très cher et bien amé cousin I'aul de Beauvillier, duc de Saint-Aignan, pair de France, comte de Buzançois, ehevaliei de nos ordres, nous ayant porté à lui confier dès L'année 160b' la charge de premier gentilhomme de notre chambre, il a si bien répondu à ce que nous attendions de sa naissance et des exemples que lui ont laissés ses ancêtres, que nous le crûmes digne, en 1685, de remplir la charge de chef du conseil royal de nos finances. En 1687, nous lui donnâmes le gouvernement et la lieutenance générale pour nous du Havre-de-Gràce et pays en dépendant, et le gouvernement particulier des villes et châteaux de Loches et Beaulieu, et, en 1688, nous l'associâmes à notre ordre et milice du Saint-Esprit, en l'instituant chevalier de nos ordres. Quoique ces diverses qualités marquassent assez notre confiance, nous avons voulu néanmoins lui donner encore des preuves plus parfaites de celle que nous prenions en lui, en le chargeant, en 1689, du soin et de l'éducation de notre très cher et très amé petitfils le duc de Bourgogne, par les charges de son gouverneur, de premier gentilhomme de sa chambre et de maitre de sa garde-robe, que nous lui conférâmes. Nous le fimes aussi, en 1690, gouverneur, surintendant de la maison et premier gentilhomme de la chambre de notre très cher et très amé frère et petit-fils le roi d'Espagne, pour lors duc d'Anjou, et, en 1693, il fut encore choisi par nous pour remplir les mêmes charges auprès de notre très cher et très amé petit-fils le duc de. Berry. Nous étions si persuadé de ses grands talents et de sa grande pénétration dans les affaires les plus importantes, que nous lui avions donné, dès l'année 1691, l'entrée dans tous nos conseils en qualité de ministre d'État. Dans toutes lesquelles charges et emplois il n'a pas cessé, et ne cesse pas encore de nous donner également des preuves de sa grande capacité et de son parfait attachement à notre service : en sorte que, méritant encore de nouvelles grâces, nous avons vu avec plaisir que notredit frère et petit-fils ait voulu, peu de temps après être arrivé dans son royaume, donner à notredit cousin des témoignages du souvenir qu'il conservoit de l'application particulière qu'il avoit donnée à son éducation, par des marques éclatantes qui puissent, non seulement briller en sa personne, mais aussi faire connoitre à la postérité l'extrême considération qu'il a pour lui. Et comme la grandesse est la première dignité de l'Espagne, et que, pour établir une plus grande union entre nos sujets et ceux de notredit frère et petit-fils, nous avons bien voulu que les grands d'Espagne et leurs femmes jouissent, dans nos États, de tous les honneurs, rangs, privilèges et avantages dont les ducs et duchesses de notre royaume sont en possession, à condition que les mêmes ducs et duchesses jouiront aussi, en Espagne, de tous les honneurs, rangs, privilèges et avantages qui sont attachés à la grandesse, notredit frère et petit-fils a cru qu'il ne pouvoit mieux récompenser des services si considérables qu'en élevant, comme il a fait, notredit cousin à cette dignité par trois différents décrets, confirmatifs les uns des autres, le premier du "25° avril, le

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