TESTAMENT DE MONSIEUR
« Aujourd'hui, 11" juin 1701, au mandement de liant et puissant seigneur Messire Achille de Harlav, chevalier, comte de Iieaumont, conseiller ordinaire du Roi en tous ses conseils, premier président en sa cour de parlement, les notaires au Châtelet soussignés se -ont transportés en son hôtel, sis dans la cour du Palais, paroisse de la Basse Sainte- Chapelle; où étant, ledit seigneur premier président a mis es mains de Bellanger le jeune, l'un desdits notaires, les originaux des deux testaments olographes faits par feu très haut, très puissant et très excellent prince Monseigneur Philippe de France, frère unique du Roi, duc d'Orléans, de Valois, de Chartres et de Nemours, datés, l'un du "27 août 1691, et l'autre du 11 avril 1699; le dernier desquels deux testaments ledit seigneur premier président a dit lui avoir été mis hier entre les mains par le Roi, en lui faisant l'honneur de le charger d'avoir soin de son exécution suivant l'intention de S. A. R. marquée par ledit dernier testament. Et quant au premier testament dudit jour 27 août 1691, il s'est trouvé dans les cassettes de feu mondit seigneur duc d'Orléans lors de la perquisition qui y a été faite à cet effet. Enjoignant audit Bellanger de garder lesdits deux testaments....
« Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Nous, Philippe de France, frère unique du Roi, faisant réflexion que la mort attaque également tous sans qu'ils y pensent, ni quand elle arrivera, et voulant disposer de mes biens pendant que je suis en bonne santé, j'ai fait mon testament en la manière suivante :
« Je supplie très humblement mon sauveur et rédempteur Jésus-Christ de vouloir bien recevoir mon âme dans son paradis. Je veux que mon corps soit mis à Saint-Denis, et mon cœur au Val-de-Gràce, où est celui de ma très honorée et chère mère.
<• Je veux qu'on fasse dire six mille messes. Je donne six mille livres au Val-de-Grâce pour fonder une messe tous les jours pour le repos de mon âme. Je donne dix mille livres à l'hôpital de Villers-Cotterets, pour le fonder, et, au cas qu'il le soit, pour augmenter sa fondation. Je donne dix mille livres à celui de Saint-Cloud outre ce que je lui ai donné pour sa fondation
« Je prie mon fils de garder tous mes domestiques, ou de récompenser ceux qui ne lui seront pas agréables.
1 . Ci-dessus, p. 356. Copie aux Archives, dans les Publications du Châtelet, reg. Y40, fol. 76 v°; imprimé dans la Gazette d'Amsterdam, 1701, Extr. liv.