Ci-dessus, p. 233 et suivantes
2. Extrait de la Galerie des poitrails de Mlle de Montpensier, éd. Éd. de Barthélémy (1860), p. 408-471. Comparez les Mémoires de Mademoiselle, tome III, p. 135, 252, 2G2-2G3 et 33 i.
3. Il était né le 21 septembre 1640: Gazette, Extraordinaire, p. 673-676. i. En naissant, il avait « un teint fort blanc et le poil noir, les membres
extrêmement bien faits et une grande vigueur. ■> (Ibidem.)
;;. Ce n'était, comme elle le dit dans ses Mémoires, que pour jouer avec les lilles de la Keinc à des jeux d'enfants, acheter comme elles des rubans, des étoffes, courir dans l'eau de mer, etc. A douze ans, il se faisait remarquer par une voix de tille (Loret, Muse historique, tome I, p. 83). Mme de la Fayette a dit de lui : « Ses inclinations étoient aussi conformes aux occupations des femmes que celles du Roi en étoient éloignées. 11 étoit beau et bien fait, mais d'une beauté et d'une taille plus convenables à une princesse qu'à un prince : aussi avoit-il plus songé à faire admirer sa beauté detout le monde, qu'à s'en servir pour se faire aimer des femmes, quoiqu'il fut continuellement avec elles. Son amour-propre sembloit ne le rendre capable que d'attachement pour lui-même. » [Histoirede Madame Henriette, p. 176.)
i|iii les aura vus tous doux, ce qui est possible, pariera pour Monsieur. Il a les yeux beaux, tins, brillants et doux, comme il convient à un homme de les avoir. Son regard est lier et gracieux, son teint d'une blancheur et d'une vivacité qui montrent la force et la vigueur de son tempérament. Pour sa bouche, on ne la peut mieux louer, pour sa forme et pour sa grandeur, qu'en (lisant qu'elle est tout à fait semblable à celle de la Reine, puisque la bouche de cette merveilleuse princesse n'eut jamais sa pareille, et que la beauté qu'on y remarque est au-dessus de tout ce qu'on en peut dire. Le ris de Monsieur est agréable; il ne monde point ses dents en riant, ce qui est extraordinaire et parfaitement bien, quoiqu'il les ait blanches. Enfin rien n'est si beau, si agréable, ni si bien fait, que ce grand prince. Sa mine est telle que la doit avoir le (ils de tant de rois et d'empereurs dont il est sorti de tous côtés, et, quand cela ne scroit pas su de toute la terre, on le jugerait à son air. Il est civil, et particulièrement aux dames, pour qui il a beaucoup d'amitié, comme j'ai déjà dit. Il n'a encore témoigné aucun attachement particulier que pour une personne dont la beauté le méritait bien et la rendoit digne de son choix, et, si la mort ne l'eût point ravie, nous aurions vu des marques de sa constance, car je ne doute pas qu'il n'en eût beaucoup, et la douleur qu'il a témoignée en est bien une preuve'. Il est ferme pour ce qu'il aime et connoît bien ceux qui méritent cet honneur; mais sa grande bonté pourrait faire croire qu'il n'aurait pas tout le discernement que je viens de dire : c'est pourquoi il est bon que l'on sache que, tous ceux qu'il souffre, à qui il parle et à qui il fait du bien, il ne les aime et ne les estime pas tous -, mais il parle aux uns parce qu'ils le divertissent, souffre les autres par bonté, et donne par charité; car, quoiqu'il soit libéral, ce serait néanmoins profaner ses bienfaits de. les mal employer : ainsi il est libéral par discernement et charitable par piété. 11 a l'Ame bonne, et il sera sur la dévotion comme son grand-père. Il est incapable d'injustice, il est charitable, et du reste il ira à vêpres, ensuite chez les dames, et du salut au bal, où il réussit à merveille, car il danse bien et de bonne grâce. Il aime le jeu, est beau joueur, et perd son argent eu grand prince. Il est magnifique, aime toutes sortes de plaisirs et de dépenses, mais avec règle, il a de l'esprit infiniment, et plus de jugement que n'en ont d'ordinaire les personnes de son âge. En cela il tient fort de Charles-
I. Je ne sais quelle était cette personne. Loret parle d'une passion en 1651, mais sans donner de nom. Il signale, on 1658, une « grande bonté > pour la belle et galante Cominges, Césonie dans le Dictionnaire des Précieuses, EMILIE dans la Galerie de Mademoiselle : mais elle ne mourut <|u'en 1709. Mme de la Fayette dit qu'il avait paru s'attacher à Mlle do Mortemart, plus tard marquise de Thiangc, mais que « tour commerce étoit plutôt une confidence libertine qu'une véritable galanterie. » Voyez ci-après, p. 625.
i. Dans ses Mémoires, Mademoiselle se plaint que « ses habitudes et ses amis particuliers n'étoient que des personnes plutôt pour le perdre quo pour le bien de l'État
Quint...; mais il serait injuste de tout donner à la naissance, et de ne rien dire de l'éducation dont M. le cardinal a pris tant de soin. L'on doit aussi louer Monsieur de son respect et de sa tendresse envers le Hoi et la Reine, et n'oublier pas la beauté de ses mains, qu'il tient d'elle. Elles sont sans doute dignes des sceptres; il est à souhaiter qu'il en puisse conquérir, et, si la prophétie que l'on fit à Henri IV. qu'un de ses enfants conquerrait l'empire des Ottomans, a son effet, l'on doit désirer qu'elle s'accomplisse en lui. •