‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 50 sur 548 · Jean-Paul Bignon : tome VI, p. 27 i · texte numérisé non relu

Jean-Paul Bignon : tome VI, p. 27 i

5. « On appelle beaux esprits ceux qui se distinguent du commun par la politesse de leurs discours et de leurs ouvrages. » (Académie, 1718.)

6. Voyez la notice consacrée à l'abbé par le Moréri. d'après son éloge académique par Mairan. Ce n'est qu'après avoir passé cinq ou six ans à l'Oratoire qu'il vint prêcher devant le Roi, sous les auspices de son oncle, en 1691 et 1692, et il obtint, dès le début, un très vif succès (Sourches, tome III, p. 423-424; Dangeau, tomes III, p. 344, et IV, ]>. 204 et 207). Ses sermons à Paris, faits avec une telle facilité qu'il put prononcer jusqu'à quatre panégyriques différents de saint Louis, lui valurent (17 février 1693) la place de prédicateur ordinaire du Boi, quoique la suppression en fût résolue, avec maintien des appointements de trois mille livres, que son oncle avait d'abord refusés pour lui.

7. 11 y avait été fort hardi : le 20 août 1695, aux Feuillants, il traça des portraits si vifs du haut clergé, des ministres, des financiers, des gens d'affaires, que ses amis durent lui conseiller le silence, car on lui savait des relations avec Port-Boyal, quoique très lié avec

qu'il lui avoit donnés'. Que faire donc d'un prêtre à qui ses mœurs ont ôté toute espérance de l'épiscopat? Cette place de conseiller d'État2 d'Église :t parut à son oncle toute propre à l'en consoler et à le réhabiliter dans le monde en lui donnant un état. L'embarras étoit que ces places étoient destinées aux ' évèques les plus distingués, et qu'il étoit bien baroque3 de faire succéder l'abbé Bignon à M. de Tonnerre évèque-comte de Noyon, pour le mettre en troisième avec Monsieur de Reims et Monsieur de Meaux; c'est pourtant ce que le Chancelier obtint, et ce fut tout l'effort de son crédit0. Il fit par là un tort à l'épiscopat, et une plaie au Conseil, où pas un évèque7 n'a voulu entrer depuis par l'indécence d'y seoir après un homme du second ordre", ce qui ne peut s'éviter que par des évèques-pairs, qui précèdent le doyen des conseillers

certains jésuites, connue le P. Bouhours, ou avec M. de Noailles, l'archevêque, et quelques personnes le croyaient janséniste. (Notice clans les Papiers du P. Léonard : Arch. nat.,M 762, tome 1, fol. 44.)

4. Le Roi, quand il lui donna l'abbaye de Saint-Quentiu-en-1'Ile, en 1693, affecta (Dangeau, tome IV, p. 229) de faire remarquer à M. de Pontchartrain que, contre son usage constant, il ne s'était pas plus informé dos mérites de l'impétrant que de. la valeur du bénéfice.

-1. D' Estât est ajouté en interligne.

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