‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 49 sur 548 · Le 15 février : Journal de Dangeau, tome VIII, p · texte numérisé non relu

Le 15 février : Journal de Dangeau, tome VIII, p

6. C'avait été sa part de la succession de M. de Harlay, archevêque de Paris (tome II, p. 354), et nous l'avons vu recevoir par le Roi, avec l'ambassadeur Guiscard, le 1er janvier 1696.

d'État d'Église'. J'ai tant parlé de ce prélat2, que je me

contenterai de dire qu'il mourut fort pieusement après

avoir très soigneusement gouverné son diocèse3. On trouva [Âdd.S'S.353]

dans ses papiers des brouillons de sa main pour servir à

son oraison funèbre1, tant la folie de la vanité avoit séduit

ce prélat", d'ailleurs docte, fort honnête homme, très

1. En 1691 : voyez notre tome IV, Appendice, p. 385 et 393. On trouvera l'explication de ce reproche, fait conjointement à Messieurs de Reims et de No von, dans le mémoire de 1711 sur les Changements arrivés à la dignité de duc et pair, au tome III des Écrits inédits, p. 138-139. C'était consacrer l'exclusion des ducs-pairs du Conseil, où, jusque-là, ils avaient siégé de. droit. Le Mercure (février 1691, p. 284) dit que la nomination de 1(391 s'était faite « sans préparation. »

2. Il a beaucoup moins parlé de ce prélat, pour qui « il faudrait un Clcrmontiana, » dans les Mémoires, que dans l'Addition déjà placée sous le W 57, et surtout dans la notice des Pairs ecclésiastiques nommés sous Louis XIV. Celle-ci est inédite; nous la donnons à l'Appendice, n° V, avec les commentaires qu'elle comporte, et avec la note généalogique de Ch.-R. d'Hozier sur la maison de Clermont-Tonnerre.

3. Ce diocèse ne valait que quinze mille livres, mais donnait en outre un très gros casuel, et était comté-pairie. M. de Clermont-Tonnerre fut le dernier évêque enterré dans l'église cathédrale.

4. Deux de ces brouillons ont été imprimés en 1744, dans le Recueil A-Z, tome I, p. 191 et suivantes, et, en 1787, dans l'Histoire des membres de l'Académie françoise, par d'Alembert, tome II, p. 44-51; mais celui-ci, répondant par une apologie en forme (ibidem, p. 9-37) aux plaisanteries qui couraient sur le. prélat, notamment à celles que notre auteur a rapportées (tome II, p. 193-202, et Additions et corrections, p. 503-504) à propos de sa réception à l'Académie et de la réponse de l'abbé de Caumartin, n'a pas voulu admettre que ces brouillons eussent été dictés par l'évèque lui-même.

5. Le « courtisan orgueilleux » des Caractères. Le recueil d'ana copié par Gaignières (Bibl. nat., ms. Nouv. acq. fr. 4529, p. 122) cite cette jolie riposte : « Lorsque Monsieur de Noyon, de la maison de Clermont, fut fait évêque de Noyon, M. de Laval, évêque de la Rochelle, et l'abbé du Rivau Deauvau, cousin de Monsieur de Noyon, lui étant venus faire des compliments, il se mit à vanter sa maison, et, en frappant sur l'épaule de M. l'abbé du Rivau, il dit : « Voilà un gentilhomme qui se « peut vanter d'être d'une des meilleures maisons du monde par sa mère « (qui étoit de. la maison de Clermont). » L'abbé lui répondit : <• Mon- « seigneur, cela m'est d'autant plus honorable qu'il y a des gens plus « glorieux que moi, qui ne se peuvent pas vanter de la même chose

n HÉMOIRES 1701

homme de bien, bon évêque, et de beaucoup d'esprit. Il ne laissa pas d'être regretté, et beaucoup dans son diocèse1. Sa vanité eût été étrangement mortifiée, s'il eût prévu ses successeurs2.

Abbé i!ij;non Le Chancelier, qui avoit extrêmement aimé sa sœur, conseiller femme de Bignon conseiller d'Etat, et qui en avoit

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[Add. S'-S. 353 comme adopte les enfants3, etoit fort embarrasse de 1 abbé et 35â] Bignon*. C'étoit ce qui, véritablement, et en bonne part, se pouvoit appeler un bel esprit5, très savant, et qui avoit prêché avec beaucoup d'applaudissements0; mais sa vie avoit si peu répondu à sa doctrine, qu'il n'osoit plus se montrer en chaire7, et que le Roi se repentoit des bénéfices

« (parce que la mère de Monsieur <\o Noyon étoit Vignier). » En effet, du côté maternel. Monsieur de Noyon avait de très médiocres quartiers : Babou, Robertet, de Fors, Saumaise, la Motte-.Jacqueron, de Mesgrignv et de Pleurre.

i. Voyez ci-après, p. 426, 427 et 441, les notes de l'appendice V, et comparez les notes de l'apologie de d'Alembert, qui vient d'être citée, p. 37-38.

2. Ceci ne peut s'appliquer, s'il parle de Noyon. qu'aux deux premiers successeurs, d'Aubigny et de Boehebonne, car le troisième n'est autre que ce Saint-Simon de la branche aînée qui, devenu évêque de Metz, fut le légataire des manuscrits de notre auteur.

3. Déjà dit trois fois : tomes II, p. 270, IV, p. 2, et VI, p. 271.

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