‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 535 sur 548 · Archive» de la Ilastille, tome IV, p · texte numérisé non relu

Archive» de la Ilastille, tome IV, p

5. C'est-à-dire : je lui donne un emploi de maréchal de camp dans ma propre armée. Le chevalier avait ce f;iade depuis le "27 mars lti<;8.

fi. Lettres, tome II, p. 501-502, 12 février 1672. Elle parle [dus loin (p. 588} d'une dame ravie de ce retour.

7. Benserade disait alors que le retour de l'exilé réjouissait ses amis, mais non ses créatures, qui lui axaient été infidèles {ibidem, p. 517-518).

aussi do l'étonnement, dos protestations, do l'émotion, dans d'autros sphères, comme le prouve la lettre suivante, sans date, mais de 1672, insérée dans le recueil Arlington-Templc de 1701 ' : « Je n'écris présent enient, disait on chiffre le correspondant du ministre, que pour rendre compte à Votre Grandeur d'une chose que je crois pourtant que vous saurez déjà : c'est que l'on a permis au chevalier de Lorraine de venir à la cour et de servir à l'année en qualité de maréchal de camp. Si Madame a été empoisonnée, comme la plus grande partie du monde le croit, toute la France le regarde comme son empoisonneur, et s'étonne avec raison que le roi de France ait si peu de considération pour le roi notre maître que de lui permettre de revenir à la cour, vu la manière insolente dont il on a toujours usé envers cette princesse pendant sa vie. Mon devoir m'ohlige à vous dire cela, afin que vous le fassiez savoir au roi et qu'il en parle fortement à l'ambassadeur de France, s'il le juge à propos, car je puis vous assurer que c'est une chose qu'il ne saurait souffrir sans se faire tort. » En effet, Charles II, comme Louis XIV lui-même2, avait paru, dès le premier jour, compter que le chevalier ne rentrerait jamais en grâce3; mais, qu'il soit ou non intervenu une seconde fois dans ce sens, le rappel n'en fut pas moins accordé en février 1672, et même il eut pour première conséquence un scandale qu'on n'avait pas prévu. La connétable Colonna, voulant à toute force rejoindre son chevalier, celui-ci, à peine arrivé en cour, lui envoya les passeports nécessaires pour elle et pour sa sœur Hortense, la duchesse Mazarin, qui s'était attachée à M. de Marsan; toutes deux s'évadèrent le 29 mai de Rome, dans des conditions romanesques, qui raviront d'aise les raffinés de la cour4, mais firent un bruit horrible par toute l'Europe. On se retrouvai Aix5, d'où ces Messieurs partirent pour l'armée de Hollande. Quand, à son tour, Mme la Connétable fit mine de prendre le même chemin, elle en reçut défense expresse de la part de la Reine régente ; son mari et celui de sa sœur se mirent aussi en mesure de couper court à cette équipée 6. Voilà qui était bien fait pour donner de l'éclat, du retentissement au retour des deux frères. De son côté, Monsieur, afin de marquer jusqu'où étaient allées les concessions du Roi, voulut tout de suite gratifier son favori d'une d'es plus belles abbayes de son diocèse, celle de Tiron, et, l'abbé-chevalier étant arrivé à l'armée, il lui fit l'honneur d'aller diner chez lui, avec toute sa cour, à Utrecht,

1 . Tome I, p. 567. C'est la cinquième lettre dont il a été parlé p. G.'iO-Gj 1 , notes.

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