‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 534 sur 548 · C'est l'explication qu'a adoptée Moamerqué · texte numérisé non relu

C'est l'explication qu'a adoptée Moamerqué

*T Tome XI, p. 239.

3. Mémoires de Mademoiselle, tome IV, p. 168. Il était alors question de remarier Monsieur avec cette princesse.

i. (iazetlc. année 1670, p. i"JS. En août suivant, il était à Home, entretenant des relations suivies avec la cour de France ou avec Paris (Affaires étrangères, vol. Rome 210, loi. ii\).

.'>. Lettres à Colbert publiées dans les Archives de lu, Bastille; ci-dessus, p. 640, note (>.

<;. Mémoires (apocryphes) de la connétable Colonna, p. 153-1:111; Archives de In Bastille, tome IV, p. 42, note; Louis XIV cl Marie Mancini, par feu M. Chanteiauze, p. 249-256.

663 APPENDICE XX Vil.

on octobre 1671, sollicite son rappel et charge le canlinal d'Effarées de lui faire donner de l'emploi quand la guerre s'engagera. Kl en quels termes? « Il me parla fort de sa conduite passée, dit L'Émioeaee; il me dit que ses intentions avoient toujours été admirables; qu'au voyage de (mambord, S. M. lui en avoit témoigne beaucoup de satisfaction, et particulièrement de ce qu'il avoit porté Monsieur à ne donner aucune marque qu'il connût quelque chose des affaires dont Madame se mèloit, de peur que cela ne pût nuire aux affaires de S. M.1 ; que, depuis le retour de ce voyage *, il avoit eu le malheur de déplaire au Roi, mais sans avoir changé d'intention; et, lorsque Monsieur se plaignit du refus des abbayes qu'il avoit demandées au Roi"», il proteste qu'il ne songea jamais à l'aigrir. » Et il assurait que la disgrâce lui avait fait faire de sages réflexions, que désormais il s'appliquerait à faire aimer de plus en plus Monsieur par le Roi, etc. *.

Quelque quatre mois plus tard, le rappel est accordé. Monsieur revenait de Paris ; le Roi lui demanda : « Eh bien ! mon frère, que dit-on à Paris? — Monsieur, on parle fort de ce pauvre marquis (Villeroy exilé à son tour pour « quelques discours chez la comtesse de Soissons »). — Et qu'en dit-on? — On dit, Monsieur, que c'est qu'il a voulu parler pour un autre malheureux. — Et quel malheureux ? dit le Roi. — Pour le chevalier de Lorraine, dit Monsieur. — Mais, dit le Roi, y songez-vous encore, à ce chevalier de Lorraine? vous en souciez-vous ? aimeriez-vous bien quelqu'un qui vous le rendrait ? — En vérité, Monsieur, répondit Monsieur, ce seroit le plus sensible plaisir que je pusse recevoir en ma vie. — Eh bien ! dit le Roi, je veux vous faire ce présent. Il y a deux jours que le courrier est parti; il reviendra, je vous le redonne, et veux que vous m'ayez toute votre vie cette obligation et que vous l'aimiez pour l'amour de moi. Je fais plus, car je le fais maréchal de camp dans mon armée 5. » Mme de Sévigné, qui tenait ce récit « de très bon lieu 6, » ajoute : « Les sentiments sont divers chez Monsieur : les uns ont le visage allongé d'un demi-pied, d'autres l'ont raccourci d'autant. Un dit que celui du chevalier de Reuvron est infini '. » Reuvron, le prétendu complice de Philippe de Lorraine, le voyait donc revenir avec un vif désappointement, avec anxiété !

Mais, à côté de ce désappointement des gens intéressés, il y eut

1. La négociation avec Charles II. Voyez ci-dessus, p. 64 i, note ,'i. 8. Le voyage de Chamhord, septembre 1G69.

3. Ci-dessus, p. 343, note 1. Voyez dans les Mémoires de Mademoiselle, tome IV, p. 87, la conversation du chevalier avec le Hoi avant la mort de l'évèque de Langres.

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