C. Chantelauze, Loui* XIV cl Marie Mancini, p
dans la maison natale du pape Adrien*. Déjà notre maréchal de camp, qui était la bravoure en personne 2, s'était distingué sous les veux du Roi en conduisant le régiment de Picardie à l'une des doux attaques contre la place d'Orsoy8, et il avait également servi au siège de Doësbourg*. Tout le monde lui faisait fête; seul, ce. pauvre fou de chevalier de Rohan voulut venger la princesse qu'il avait adorée : avant déjà eu maille à partir avec Philippe de Lorraine quatre années auparavant, il s'arrangea pour le saluer de coups de bâton en plein camp, tout proche le logis du Roi3. Mal lui en prit avant qu'il fût bien longtemps.
Pendant tout le reste de la guerre, le chevalier continua de servir brillamment, soit aux côtés de son maître, soit comme maréchal de camp aux sièges de Maastricht, de Resançon, de Dôle. Dans cette dernière occasion, il mérita des compliments extraordinaires pour sa conduite à la tranchée, et le Roi daigna les lui envoyer par son frère Marsan, qui faisait les fonctions d'aide de camp0. Il va sans dire qu'on le vit à Cassel parmi les compagnons les plus vaillants de Monsieur, bien avant dans la mêlée. Il y fut blessé, ce qui le priva d'apporter au Roi la nouvelle de la victoire ; son ami d'Effiat en eut l'honneur, et aussi le profit, un diamant de mille pistoles 7. Pour l'argent d'ailleurs, le chevalier n'avait pas à se plaindre : doté, en octobre 1676, d'une grosse pension de dix-huit mille livres, il cumula les abbayes dans l'apanage de Monsieur, Saint-Jean-des- Vignes de Soissons, en mai 1678, et, le 6 octobre 1671), Saint-Père-en-Vallée et Fleury, les deux maisons auxquelles il avait prétendu en 1670, et qu'on avait mises, en attendant, sur la tête d'un de ses frères8. Il eût bien voulu aussi devenir grand veneur du
1. Le 2 ou le 3 juillet 1672 : Gazelle, p. 738 ; Pellisson, Lettres historiques, tome I, p. 210.
•■2. On connaît la belle conduite qu'il avait eue, comme volontaire, avec le chevalier de Coislin, Cavoye, Dampierrc et Busca, sur le vaisseau de l'amiral Ruyter, dans la journée du 5 août 1666 : Gazette, p. 859 et 868. Ce n'était pas son seul exploit : en 1667, il avait été blessé devant Lille, servant comme volontaire ; -dans la campagne de Hongrie, en 1664, il s'était signalé par plusieurs faits d'armes glorieux.