Catherine d'Alruayrae, dite la sœur Rose de Sainte-Croix
9. Qualification déjà employée pour Marie d'Agreda (tome VI, p. 373). Plus tard (tome XVIII de 1873, p. 448), il dira : « Un béat. .
" Il a été parlé de celui-ci dans notre tome VI, p. 182.
[Add. S'-S. 357]
à visions, à conduite fort extraordinaire, qui dirigeoit ses directeurs, et qui fut une vraie énigme1. C'étoit une vieille Gasconne, ou plutôt du Languedoc2, qui en avoit le parler à l'excès, carrée3, entre deux tailles, fort maigre, le visage jaune extrêmement laid, des yeux très vifs, une physionomie ardente, mais qu'elle savoit adoucir ; vive, éloquente, savante, avec un air prophétique qui imposoit*. Elle dormoit peu, et sur la dure, ne mangeoit presque rien, assez mal vêtue, pauvre, et qui ne se laissoit voir qu'avec mystère. Cette créature a toujours été une énigme, car il est vrai qu'elle étoit désintéressée, qu'elle a fait de
t. Dangeau, p. 45, 27 février 1701 : « M. le cardinal dp Noailles a chassé du diocèse de Paris une prétendue dévote qu'on appelle sœur Rose. On dit qu'elle s'appeloit autrefois la sœur de Sainte-Croix, et que même elle avoit eu encore un autre nom. Elle logeoit au Luxembourg, chez Mme de Vibraye. Il y avoit plusieurs gens très vertueux et très sages persuadés de la sainteté de cette créature-là. On en faisoit des contes extraordinaires et merveilleux. D'autres gens en parloient comme d'une friponne. » Il n'en est pas question dans les Mémoires de Sonrches. Elle se retira, comme Mme Guyon jadis, à Annecy, et Duguef l'j revit encore en 171o.
2. Elle était de Lagnac ou Lanhae, en Rouergue, y avait été baptisée le 21 août 1651, et avait épousé un simple paysan comme elle, le 13 novembre 1668. M. Tamizey de Larroque a déjà parlé d'elle, dans ses Notes sur la vie et les ouvrages de l'abbé J.-J. Boileau (1877), p. 21, note, d'après le ms. Fr. 19 8oo, qui y est indiqué comme renfermant des détails curieux sur les « miracles de la sœur Rose. » Ce manuscrit et d'autres documents de même ordre nous permettront d'examiner plus à fond, dans l'appendice IX, ce. qu'étaient ces prétendus miracles et jusqu'à quel point Saint-Simon et les personnages dont il va parler en furent dupes.