‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 58 sur 548 · Il écrit : (/narrée · texte numérisé non relu

Il écrit : (/narrée

4. L'auteur des « Miracles, » qui la vit, en 1693 ou 1694, chez une fruitière de la rue Saint-Dominique, dit : « Elle ne me parut point exténuée. Son visage étoit assez plein. Elle u'avoit point l'air d'une malade, ni d'une personne qui se nourrit aussi peu qu'on le disoit. Elle me parut âgée d'environ quarante-cinq ou cinquante ans, fort laide, l'air fier et hardi, et plus d'un homme que d'une femme. » Cette première résidence à Paris ayant été interrompue par l'archevêque d'alors, M. de Harlay, elle n'y revint qu'après la promotion de M. de Noailles, à la fin de 1699 ou au commencement de 1700.

grandes et de surprenantes conversions qui ont tenu, qu'elle a dit des choses fort extraordinaires, les unes très cachées, qui étoient, d'autres à venir, qui sont arrivées, qu'elle a opéré des guérisons surprenantes sans remèdes, et qu'elle a eu pour elle des gens très sages, très précautionnés, très savants, très pieux, d'un génie sublime, qui n'avoient ni ne pouvoient rien gagner à cet attachement, et qui l'ont conservé toute leur vie1. Tel a été M. Duguet2, si célèbre par ses ouvrages, par la vaste étendue de son esprit et de son érudition, qui se peut dire universelle, par l'humilité sincère et la sainteté de sa vie, et. par les charmes et la solidité de sa conversation5. Mlle Rose,

1. On verra dans l'appendice IX que Saint-Simon Lui-même doit être compté au nombre des gens dont il vient de faire l'éloge, et que les principaux, dans l'ordre ecclésiastique, outre Duguet, de qui il va parler particulièrement, étaient l'abbé Jean-Jacques Boileau de l'Archevêché (tome VI, p. 101-104) et le P. de la Tour, supérieur général de l'Oratoire (tome VII, p. 85). Parmi les dames de distinction qui furent aussi de ferventes adeptes de la Béate, la marquise de Vibraye et Mme de Harlay, femme du conseiller d'État, comptaient en première ligne.

2. Il écrit : Du Gué. La signature est eu un seul mot, mais avec le G un peu plus fort que les autres lettres. — Jacques-Josepb Duguet, fils d'un avocat du Roi au présidial de Montbrison, naquit dans cette, ville le 9 décembre 1649, fut élevé dans le collège que les Oratoriens y dirigeaient, puis, en septembre 1667, entra à l'Institution de Paris, y lit profession, alla enseigner la pbilosopbie à Saumur, ensuite à Troyes, ne revint à Paris qu'en 1671, pour recevoir les ordres, et fut placé enfin au séminaire de Saint-Magloire en 1677. Son succès fut le même partout; mais il quitta l'Oratoire au commencement de 1685, pour ne pas signer le formulaire, rejoignit Arnauld à Bruxelles, et, n'ayant pu supporter le climat de cette ville, il revint à Paris, où l'hôtel de Ménars lui servit de retraite à partir de 1690. Quoique forcé d'errer d'asile en asile pendant ses dernières années, il mourut à Paris, le 25 octobre 1733. Un l'appelait le Théologien, pour le distinguer de ses deux frères entrés comme lui à l'Oratoire.

3. Voyez la Vie de Duguet (par Goujet) publiée en 1741, sa notice du Moréri, les notes recueillies sur lui par le P. Léonard, Bibl. nat., nis. Fr. 25 968, fol. 10, l'Étude que lui a consacrée M. Paul Cbételat en 1X79, ce que Sainte-Beuve avait dit de lui dans Port-Royal, au tome VI,

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ayant longtemps vécu dans son pays, où elle pansoit' les pauvres et où sa piété lui avoit attaché des prosélytes, vint à Paris, je ne sais à quelle occasion. De doctrine particulière, elle n'en avoit point; seulement fort opposée à celle de Mme Guyon, et tout à fait du côté janséniste*. Je ne sais encore comment elle fit connoissance avec ce M. Boileau qui avoit été congédié de l'Archevêché pour le Problème dont j'ai fait l'histoire en son temps3, et qui vivoit claquemuré et le plus sauvagement du monde dans son cloître Saint-Honoré4. De là, elle vit M. du Char- M. Duguet. mel 3 et d'autres, et entin M. Duguet6-, qui, pour en dire la vérité, ne s'en éprirent guères moins tous trois que Monsieur de Cambray de Mme Guyon7. Après avoir mené assez longtemps une vie assez cachée à Paris8, M. Duguet et M. du Charmel eurent, aussi bien qu'elle, un extrême désir de la faire voir à Monsieur de la Trappe, soit pour s'éclairer d'un si grand maitre sur une personne si extraordinaire, soit dans l'espérance d'en obtenir l'approbation, et

et enfin la lettre que notre auteur écrivit en 1743 à Mme Mol, nièce de Duguet et la compagne de presque toute sa vie, lettre publiée à la suite des Mémoires, tome XIX de 1873, p. 346-347. Saint-Simon n'avait de lui (pie quatre de ses nombreux ouvrages : Y Explication de la Genèse (173-2), l'Explication du livre de Job (173*2), les Principes de la foi chrétienne (1736), et enfin Y Institution d'un prince (1739), dont il sera parlé plus loin. Une partie de ses papiers appartiennent actuellement à la bibliothèque Mazarine (mss. 1228-1934), et un recueil de copies de lettres spirituelles, en partie inédites, est à la bibliotbèque de l'Arsenal, ras. 536*2.

t. Il a écrit : pensoit.

?.. Voyez le livre de M. Cb. Guerrier sur Madame Guyon, p. 230.

3. En 1699, avec une grosse erreur : tome VI, p. 98-104. Ce n'est qu'à la fin de 1703 que Boileau fut congédié de l'Archevêché.

4. C'est à ce propos que M. Tamizey de Larroque a eu à parler de la Béate. Même quand les plus enthousiastes, comme Duguet, eurent reconnu qu'ils avaient été dupes, Boileau conserva toute sa foi en elle.

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