Depuis, en interligne, remplace après, biffé
faveur, mais voyant, comme il a toujours fait, tous les malades de toute espèce qui avoient besoin de sa main dans Versailles et autour, il fut prié par le chirurgien de Port-Royal-des-Champs d'y aller voir une religieuse à qui il croyoit devoir couper la jambe. Mareschal s'y engagea pour le lendemain. Ce même lendemain, on lui proposa, au sortir du lever du Roi, d'aller à une opération qu'on devoit faire : il s'en excusa sur l'engagement qu'il avoit pris pour Port-Royal. A ce nom, quelqu'un de la Faculté le tira à part, et lui demanda s'il savoit bien ce qu'il faisoit d'aller à Port-Royal. Mareschal, tout uni1, et fort ignorant de toutes les affaires qui, sous ce nom, avoient2 fait tant de bruit3, fut surpris de la question, et encore plus quand on lui dit qu'il ne jouoit pas à moins qu'à se faire chasser : il ne pouvoit comprendre que le Roi trouvât mauvais qu'il allât voir si on y couperoit ou non la jambe à une religieuse. Par composition, il promit de le dire au Roi avant d'y aller. En effet il se trouva au retour du Roi de sa messe, et, comme ce n'étoit pas une heure où il eût accoutumé de se présenter, le Roi, surpris, lui demanda ce qu'il vouloit. Mareschal lui raconta avec simplicité ce qui l'amenoit, et la surprise où il en étoit lui-même. A ce nom de Port-Royal, le Roi se redressa comme il avoit accoutumé aux choses qui lui déplaisoient, et demeura deux ou trois Pafer sans répondre, sérieux et4 réfléchissant; puis dit à Mareschal : « Je veux bien que vous y alliez, mais à condition que vous y alliez tout à l'heure5 pour avoir du temps devant vous; que, sous prétexte de curiosité, vous voyiez Loute la maison, et les
1. Nous avons eu, au tome III, p. 182, « un gentilhomme tout uni. » Ici, nous rentrons dans l'acception donnée par V Académie : homme simple et sans façon. Nous aurons plus loin, p. 139, un air uni.