Après esprit, Saint-Simon a biffé et ses manières
5. En Angleterre, elle avait dédaigné le duc d'York, puis repoussé le duc de Richmond et les héritiers de Norfolk et de Saint-Albans. En France, le Chansonnier (mss. Fr. 12 618, p. 55, 12 620, p. 67, et 12 688, p. 235) prétend que, à défaut de Monsieur, elle se contenta de d'Effiat; mais il insiste surtout sur une liaison très intime avec le comte du Charmel. Étant donné ce que nous savons déjà du caractère et de la conversion sincère de celui-ci (tome V, p. 380-386), on ne peut douter qu'il n'y ait eu communauté d'action et de tendances entre lui et la comtesse.
6. Nous avons déjà rencontré (tome V11I, p. 31) la locution avoir bon
et jusque par les ministres, qu'elle cultivoit même très peu1. Mme de Maintenon, qui la craignoit, n'avoit pu l'écarter : le Roi s'amusoit fort avec elle2. Elle sentoit l'aversion et la jalousie de Mme de Maintenon : elle l'avoit vue sortir de terre, et surpasser rapidement les plus hauts cèdres3; jamais elle n'avoit pu se résoudre à lui faire sa cour. Elle étoit née de parents catholiques, qui l'avoient mise toute jeune à Port-Royal, où elle avoit été élevée1. 11 lui en étoit resté un germe qui la rappela à une solide dévotion avant même que l'âge, le monde, ni le miroir, la pussent faire penser à changer de conduite5. Avec la piété, instruite comme elle l'avoit été, l'amour de celles à qui elle devoit son éducation, et qu'elle avoit admirées dans tous les temps de sa vie, prit en elle le dessus de la politique. Ce fut par où Mme de Maintenon espéra éloigner le Roi d'elle6. Elle y échoua toujours avec un extrême dépit : la comtesse s'en tiroit7 avec tant d'esprit et de grâces, souvent avec tant de liberté, que les reproches du Roi se tournoient à rien, et qu'elle n'en étoit que mieux et plus familière avec lui, jusqu'à hasarder quelquefois quelques
bec. Celle-ci est donnée par V Académie de 1718 « pour dire qu'une personne sait se défendre de toute manière. »