Le manuscrit porte : et
7. Ses tendances au jansénisme empêchèrent plus tard qu'elle ne fût bien traitée du Roi et pensionnée (Mémoires de Luynes, tome II, p. 94; Sainte-Reuve, Port-Royal, tome VI, p. 8). En Alsace, les deux époux déployèrent un zèle si vif pour la conversion des protestants, que Louvois lui-même dut les retenir (Legrelle, Louis XIV et Strasbourg, p. 583; Rousset, Histoire de Louvois, tome III, p. 46, note; Gazettes du P. Léonard, ms. Fr. 10 265, fol. 85 v°, etc.).
L'union entre elle et son [mari j] avoit toujours été la plus intime2.
C'étoit un grand et gros homme3, le meilleur homme du monde, le plus brave et le plus plein d'honneur4, mais si bête et si lourd, qu'on ne comprenoit pas qu'il pût avoir quelque talent pour la guerre. L'âge et le chagrin l'avoient fort approché de l'imbécile5. Us étoient riches chacun de leur côté, et sans enfants. Sa femme, pleine de vues, séchoit pour lui de douleur. Dans les divers commandements et gouvernements où elle l'avoit suivi, elle avoit eu Tart de tout faire, de suppléer jusqu'à ses fonctions, de laisser croire que c'étoit lui qui faisoit tout jusqu'au détail domestique, et partout ils s'étoient fait aimer et respecter, mais6 elle singulièrement. Par Ghamillart elle remit son mari à flot, qui lui procura ce commandemen de la Rochelle et des provinces voisines qu'avoit eu maréchal d'Estrées7 avant qu'il allât en Bretagne8, et le porta ainsi au bâton d'autant plus aisément que le Roi avoit toujours eu pour lui de l'estime et de l'amitié. Sa promotion, trop retardée, fut généralement applaudie. Estrées. Le comte d'Estrées9 fut heureux10. Son père11, qui s'étoit
fort distingué à la guerre, et lieutenant général dès 1655, fut choisi pour passer au service de mer lorsque Colbert
1. Le mot mari a été oublié en passant de la page 376 à la page 377.
2. On retrouvera le même éloge en trois autres endroits des Mémoires, éd. 1873, tomes IX, p. 295, XIII, p. 127, et XIX, p. 166. La maréchale était « fort des amies » de M. et Mme de Saint-Simon.
3. Comme son neveu l'ambassadeur : tome X, p. 399. On a un portrait à mi-corps du maréchal, dessiné et gravé par Scûpel.
4. Un brave homme, dit Madame (recueil Brunet, tome I, p. 157).
5. Comparez la suite des Mémoires, éd. 1873, tome XI, p. 56, et la Jeunesse de Chantilly, par M. Beauvois, p. 13-15.
6. Le manuscrit porte : et mais. — 7. Le père : ci-dessous, note 11.