Victor-Marie : Mercure de février, p
10. Plus heureux que Chamilly, dit-il dans l'Addition, ci-après, p. 377.
11. Jean, aussi comte et maréchal d'Estrées, qui mourra en 1707. C'est le premier marin qui fût parvenu au bâton de maréchal.
fit prendre au Roi la résolution de rétablir la marine en 1668 !. Il y acquit de la gloire dès sa première campagne, qui fut en Amérique, au retour de laquelle il fut viceamiral2. M. de Seignelay, ami du comte d'Estrées, contribua fort à lui faire donner la survivance de cette charge [Add. S-S. 459] en 1684, à l'âge de vingt-quatre ans3, mais à condition de passer un certain nombre d'années par les degrés4, et que son ancienneté de lieutenant général ne lui seroit comptée que du jour qu'il lui seroit permis d'en servir. Seignelay, maître de l'expédition5, et ministre audacieux qui savoit nuire et servir mieux que personne, omit exprès cette dernière condition. Le comte d'Estrées, servant à terre au siège de Barcelone, prise en 1697 par M. de Vendôme6, prétendit, sinon ne pas rouler avec les lieutenants généraux comme vice-amiral ayant amené là une escadre, au moins être le premier d'entre eux. Sur cette dispute, Pontchartrain7, encore secrétaire d'Etat de la marine, et ami particulier de tous les Estrées, trancha la difficulté en faisant remonter l'ancienneté du comte d'Estrées à la date de sa survivance ; il l'emporta sur la mémoire du Roi, qui se souvenoit très bien de la condition qu'il avoit commandée, et qui se trouva omise8 ; et, de cette façon,
1 . Voyez les Lettres de Colbert, tomes II et III, les Mémoires de Villette, la Milice françoise du P. Daniel, tome II, p. 679-681, et la Vie des deux maréchaux d'Estrées père et fils, par Richer (1786).
2. Le 12 novembre 1669. Plus tard, en 1686, il fut nommé vice-roi d'Amérique. C'est lui qui bombarda Alger en 1688.
3. Journal de Dangeau, avec l'Addition, tome I, p. 79-80; comparez l'ouvrage de Richer, p. 74-75. Quelques mois avant (Gazette, p. 84), le Roi, en donnant cent mille livres au père, avait accordé au fils une pension de quatre mille livres.
4. « A condition, dit alors Dangeau, qu'il feroit encoie une année la charge de capitaine de vaisseau, et trois ans celle de chef d'escadre. »