La fortune
9. Ceci est écrit en 1741, au moment où, le cardinal Fleury, premier ministre de fait, sinon de titre, depuis 1726, arrive à l'âge de quatrevingt-huit ans et semble cependant déjouer tous les pronostics de mort prochaine. Comparez ci-dessus, p. 75, et ci-après, p. 257.
existoit pas1; M. du Maine en bas âge, puis en jeunesse, qui lui succéda, et2 ne s'en mêla pas davantage. Bâville, intendant de Languedoc3, y vouloit régner, et ne savoit comment supplanter une autorité si établie, lorsque, bien averti de la cour d'un accès de dévotion qui diminua depuis, mais qui, dans sa ferveur, portoit le Roi4 à des réformes d'autrui8, [il] lui fit revenir, par des voies de conscience6, des choses qui le blessèrent sur la conduite du cardinal Bonsy. Les Lamoignons, de tout temps livrés aux jésuites, réciproquement disposoient d'eux, et ces Pères n'ont jamais aimé des prélats assez grands pour n'avoir pas besoin d'eux, et dont étant néanmoins ménagés et bien traités, comme ils l'étoient de Bonsy, se trouvoient en posture de les faire compter avec eux7, si d'aventure il leur en prenoit envie. Le bon cardinal, quoique en âge où les passions sont ordinairement amorties8, étoit éperdument amoureux d'une Mme de Ganges9 belle-sœur de celle10
1. Henri, légitimé de France, duc de Verneuil (tome I, p. 94 et 331), nommé au gouvernement de Languedoc en 1666, mort en 1682, ne parut jamais dans sa province.
2. Cette conjonction devrait être supprimée pour faire la phrase complète.