‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 156 sur 556 · Tome X, p. 300-301 et · texte numérisé non relu

Tome X, p. 300-301 et

2. La première lettre est un D majuscule, corrigé en minuscule.

3. C'est après Kehl, et avant la jonction, que Villars avait demandé lui-même cette récompense à Chamillart et à Mme de Maintenon, se fondant sur ce que son adversaire le prince de Bade, quoique battu, venait d'obtenir de l'Empereur le comté d'Ortenau ; Chamillart répondit qu'il eût à mériter le titre ducal en faisant une campagne triomphale avec l'Électeur, et Villars se montra très vexé de cette remise (Mémoires de Villars, tome II, p. 65, 72-74 et 79, note; Michel Chamillart, par l'abbé Esnault, tome I, p. 251-252; Pelet, Mémoires militaires, tome III, p. 547). Plus tard, en juin, l'Électeur intervint et réclama cette récompense pour l'audacieuse expédition de Villars dans la Forêt- Noire : un moment ils crurent la chose faite; puis il n'en fut plus question (Mémoires de Villars, tome II, p. 300; Villars d'après sa correspondance, tome I, p. 220 et 222-223, et tome II, p. 291, 343, 344 et 358).

4. Comparez ce qu'il a déjà dit dans le portrait de Villars, tome X, p. 310. Celui-ci, le 16 mai 1703, écrivait au Roi (Mémoires militaires, p. 594-595) : « M. le duc de Wurtemberg a fait répondre, sur la demande des contributions, comme un jeune étourdi qui n'a point de pays et regarde comme son premier grade la charge de lieutenant-feldmaréchal de l'Empereur, qu'il aimoit mieux que son pays fût pillé par les Impériaux que de donner de l'argent aux François. Il faudra commencer des exécutions, desquelles je dois attendre d'autant plus d'effet que nos soldats n'ont rien brûlé jusqu'à présent, et que les ennemis verront que c'est par ordre, quand ils ressentiront les rigueurs de la guerre.... Il faut leur donner la loi. Je sais comment l'on mène ces Allemands. » Et plus tard (p. 598) : « J'avoue, Sire, que je ne suis pas

échoue encore à faire venir

Fair pour exprimer de grandes sommes ; je dis : des milviilars lions très réels1. Ce pillage déplut extrêmement à l'Électeur2; mais ce qui l'outra fut l'opposition qu'il trouva en sa femme Villars à tout ce qu'il lui proposa de projets et de mouveie trouver; ments de guerre. Villars vouloit s'enrichir, et reietoittout

se brouille ° J

avec l'Électeur, ce qui pouvoit resserrer ses contributions et ses sauvevues gardes par l'éloignement de son armée, et par des entre-

et conduite • j» «i <-i • • 1 » j n

pernicieuses prises iaciles et utiles, mais qui, le tenant près de 1 ennemi, de villars. le mettoient hors de portée de ce gain immense3. D'autre s J part, loin de craindre de se brouiller avec l'Électeur, c'étoit tout son but depuis qu'il avoit échoué à une dernière tentative de faire venir sa femme le trouver. Le Roi, à force d'importunité, y avoit consenti4; là-dessus, Villars avoit demandé un passeport pour elle au prince Louis de Bade, qui, piqué du ravage de ses terres sur son premier refus,

insensible à la joie de commencer à mettre les Pays héréditaires sous contribution et une province (le Tyrol) qui n'a pas vu de guerre depuis Charles-Quint, et qui est entre l'Autriche et l'Italie. » Selon la Gazette de Bruxelles, p. 333, la Souabe fut taxée à dix-huit cent mille livres et onze cents chevaux. Voyez aussi notre Gazette, p. 273, et le Dangeau, p. 189. Quand l'Électeur fut en plein Tyrol, Villars insista sur le butin qu'on pouvait faire dans une ville où il y avait un toit d'or et un trésor célèbre : « Que Votre Altesse m'en donne quelque chose, mais de bon. Je ne veux point de curiosités..,, mais quelque gros rubis des anciens ducs d'Autriche, ou quelque statue d'argent des Empereurs. » (Villars d'après sa correspondance, tome I, p. 228 et 229, et tome II, p. 304.)

1. Ci-après, p. 287, il précisera le chiffre pour la seule Bavière : deux millions. Au contraire, Tallard, devant Landau, affectera de distribuer aux travailleurs des tranchées le produit des sauvegardes : Gazette de Bruxelles, p. 710.

2. Une fois la jonction faite, l'Électeur avait compté régler seul les impositions, où chacun de ses familiers, ses créanciers en même temps, eût eu sa part du butin ; mais il fallut se résigner à les laisser faire par Villars et à n'en prendre que la moitié, sous un exact contrôle : Mémoires militaires, p. 587, 588 et 595; Mémoires de Villars, tome II, p. 89.

3. Voyez les lettres par lesquelles il combattait les propositions et les objurgations du Roi lui-même, et comparez, dans le livre de l'abbé Esnault, tome I, p. 255-257, des réflexions de Vauban.

4. Ci-dessus, p. 86-87. Il y a des épigrammes du temps dans le tome III du Nouveau siècle de Louis XIV, p. 105 et 107.

du Tyroi.

renvoya à Villars la lettre qu'il en1 avoit reçue, toute

ouverte, sans lui faire un seul mot de réponse 2. La jalousie

le poignardoit3 ; à quelque prix que ce fût, il vouloit aller

rejoindre sa femme4 : ni les succès sur le Danube, ni le

concert avec l'Électeur n'étoient pas propres à avancer son

dessein; il réduisit donc ce prince5 à ne pouvoir demeurer

avec lui, ni à espérer de rien exécuter en Allemagne.

Cette étrange situation lui fit concevoir le dessein, pour projet insensé

ne pas demeurer inutile spectateur des trésors que Villars

amassoit, de se rendre maître du Tyrol. Villars, ravi de se

délivrer de lui et de ses troupes pour avoir ses coudées

plus franches, et qu'on se prît moins à lui d'une si fatale

inaction dans le cœur de l'Empire, admira et confirma ce

projet, qu'il avoit peut-être fait naître6. La difficulté du

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