Qu'on voulut faire maréchal : ci-après, p
3. Il n'était devenu vice-amiral que le 1er juin 1701, en place de Tourville : tome VIII, p. 293.
4. Grop, dans le manuscrit, au lieu de group, que nous trouvons d'ordinaire (tome II, p. 217; Écrits inédits, tome IV, p. 341). Venu de l'italien groppo, le mot était d'introduction récente.
5. Tout cela a été dit à propos de sa grandesse : tome X, p. 151.
6. Il avait été candidat à la succession de M. d'Harcourt comme ambassadeur. Louville représenta (lettre à M. de Torcy, 9 mai 1702) qu'il « avoit de fort bonnes choses » et serait fort propre à rétablir la marine espagnole, mais était personnellement un terrible compagnon avec les Noailles derrière lui.
7. Il avait commencé par servir sous Turenne, et n'était entré dans la marine qu'en 1661, sous le titre de chevalier d'Estrées. Blessé à Gigeri, nommé capitaine en 1672, il détruisit les corsaires salétains, passa chef d'escadre en 1673, battit plusieurs fois les Hollandais, prit part au bombardement d'Alger, puis, dans la guerre suivante, aux combats de Bantry, de Béveziers et de Lagos, et ensuite aux opérations de M. de Noailles. Entre temps, lors du siège de Philipsbourg, il avait voulu y servir comme volontaire et avait été blessé à la cuisse.
avec de l'esprit et du savoir1. Tout cela ensemble, fondé sur le bonheur de sa survivance à vingt-quatre ans et du trait hardi de Seignelay2, le fit, dix-huit ans3 après, maréchal de France*. G'étoit un fort honnête homme, mais qui, ayant été longtemps fort pauvre, ne s'épargna pas à se faire riche du temps5 du fameux Law, dans la dernière régence, et qui y réussit prodigieusement6, mais pour vivre dans une grande magnificence et fort désordonnée. Ce qu'il amassa de livres rares et curieux, d'étoffes, de porcelaines, de diamants, de bijoux, de curiosités précieuses de toutes les sortes, ne se peut nombrer, sans en avoir jamais su user7. 11 avoit cinquante-deux mille vo-
1. Cet éloge se répétera à l'année 1715 : éd. 1873, tome XI, p. 254. En dehors des Dépôts de la guerre, de la marine et des affaires étrangères, la bibliothèque de l'Arsenal possède un recueil des lettres adressées par le comte d'Estrées aux secrétaires d'État pendant les campagnes de 1695 et de 1696 (ms. 4568), et la bibliothèque Mazarine sa correspondance de 1691-93. — Rigaud peignit son portrait en 1690, et, plus tard, J. Audran en grava un autre d'après Largillière.