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3. Saint-Simon a corrigé 19 en U. En effet, la dix-neuvième année ne commença qu'en décembre 1703. On lisait jusqu'ici : 8 ans.
4. Voyez l'article publié sur cette promotion dans le Mercure de février 1703, p. 304-315.
5. L'e de temps surcharge un a. — 6. Nous verrons cela en son temps. 7. Voyez les Mémoires de Luynes, sur sa mort, tome II, p. 243-244,
les Mémoires du président Hénault, p. 102, et l'éloge académique du maréchal, par d'Alembert, dans Y Histoire des membres de V Académie françoise, tome IV, p. 619-628. En 1729, les d'Estrées héritant d'une belle maison et de cinquante mille livres de rente, Saint-Simon écrivait à la maréchale-duchesse de Noailles, leur belle-sœur : « J'étendrai mon effronterie jusqu'à complimenter ici M. et Mme la maréchale d'Estrées, moins de la maison que du dépit qu'en ont les médecins, qui enrageoient bien de sa gloire en leur art, mais qui sont tout autrement sensibles à une belle maison qui en est le fruit. Au moins y verronsnous au jour et en ordre ces cinquante mille volumes. Je me borne à cet ornement pour Paris, et laisse aux dames à le presser d'y étaler le monde de curiosités qu'il préserve de l'air depuis si longtemps, et dont il oublie sans doute la meilleure partie. » (Lettre publiée pour la première fois, par feu Francis Monnier, dans le Chancelier d'Agues-
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lûmes, qui toute sa vie restèrent en ballots, presque tous à l'hôtel de Louvois1, où Mme de Gourtenvaux2, sa sœur, lui avoit prêté où les garder3. Il en étoit de même de tout le reste. Ses gens, lassés d'emprunter tous les jours du linge pour de grands repas qu'il donnoit, le pressèrent tant un jour d'ouvrir des coffres qui en étoient pleins, et qu'il n'avoit jamais ouverts depuis dix ans qu'il les avoit fait venir de Flandres et de Hollande4, qu'il y consentit; il y en avoit une quantité prodigieuse. 11 y consentit : on les ouvrit, et on les trouva tous coupés à tous leurs plis, en sorte que, pour les avoir gardés si longtemps, tout se trouva perdu. Il alloit toujours brocantant5. 11 se souvint
seau, p. 495-496, et, en dernier lieu, dans le tome XIX des Mémoires, éd. 4873, p. 333.) — Ces détails et ceux qui suivent ne se trouvent pas dans la notice du duché d'EsTRÉES {Ecrits inédits, tome VI, p. 444-447), antérieure à la mort du maréchal.
4. L'ancien hôtel de l'abbé Basile Foucquet, dans la rue Richelieu, acheté par Louvois le 8 juin 4669, et auquel le ministre joignit les maisons voisines des rues Richelieu, Neuve-Saint-Augustin et Sainte- Anne. Voyez la Maison mortuaire de Molière, par Vitu, p. 377-381.
2. Marie-Anne-Catherine d'Estrées, mariée le 28 novembre 4694 à Michel-François le Tellier, marquis de Courtenvaux, devenue veuve en 4721, et morte le 22 avril 4744, à soixante-dix-huit ans. Son fils releva le titre de comte d'Estrées comme héritier du maréchal.
3. Quoique fort lettrée, elle aussi, et liée avec les savants, Mme. de Courtenvaux se lassa, en 4734, de garder cette bibliothèque, et les Bénédictins en acceptèrent le dépôt à Saint-Germain-des-Prés, espérant au fond que le maréchal leur en laisserait la propriété sur l'exemple de son frère l'abbé; mais il n'en fut rien. A la mort de M. d'Estrées, la vente des objets curieux ou précieux, en dehors de la bibliothèque, estimée deux cent mille livres et dont il fut fait un magnifique catalogue, produisit six ou sept cent mille livres dans les neuf premiers mois. (L. Delisle, le Cabinet des manuscrits, tome II, p. 46; le prince de Broglie, Bernard de Montfaucon, tome I, p. 474-480.)
4. Selon Savary, Courtray était le centre de production le plus estimé pour le linge de Flandre ouvré, de pur lin, très fin et très blanc, qui se vendait par services de douze serviettes et deux nappes, toutes coupées et ourlées. Le célèbre linge de Hollande, pour chemises, s'expédiait par assortiment de onze pièces, d'une trentaine d'aunes chacune, pliées dans des caisses ou roulées dans des tonneaux.
5. Brocanter, « acheter, vendre et troquer des curiosités : « C'est
d'un buste de Jupiter Ammon1, d'un marbre unique et de la première antiquité, qu'il avoit vu quelque part autrefois, bien fâché de l'avoir manqué, et mit des gens en campagne pour le rechercher. L'un d'eux lui demanda ce qu'il lui donneroit pour le lui faire avoir; il lui promit mille écus. L'autre se mit à rire, et lui promit de le lui livrer pour rien, ni pour achat, ni pour sa peine, et lui apprit qu'il étoit dans son magasin, où sur-le-champ il le mena et le lui montra2. On ne tariroit point sur les contes à en rapporter, ni sur ses distractions. Avec de la capacité, du savoir et de l'esprit, c'étoit un esprit confus ; on ne le débrouilloit point quand il rapportoit une affaire3. Je me souviens qu'un jour, au conseil de régence, M. le comte de Toulouse, qui, avec bien moins d'esprit, étoit la justesse, la précision et la clarté même, et auprès duquel j'étois toujours assis par mon rang, me dit, en nous
« un homme qui ne fait que brocanter » (Académie, 1718). Voyez Brocanteur dans le Dictionnaire du Commerce de Savary, tome 1, col. G67 , et M. BonnafFé, les Collectionneurs de l'ancienne France, p. 77-79.
1. Ce buste était de porphyre et représentait Alexandre, comme le disent, avec les détails les plus précis, les Mémoires de Luynes, tome II, p. 211-212. On le considérait comme une œuvre de Praxitèle, ou plutôt de Lysippe, l'unique sculpteur du temps autorisé par le conquérant à reproduire ses traits. La tête seule, à ce qu'il semble, était antique ; mais Girardon, en étant devenu possesseur dans les dernières années du siècle, y avait adapté un buste orné d'une figure de Jupiter Ammon et recouvert d'une cuirasse et d'une draperie de bronze doré. On sait qu' Alexandre s'était fait proclamer fils de ce dieu par les prêtres du sanctuaire célèbre où il avait voulu se rendre dans le désert Libyque. Ce buste avait figuré ainsi au Salon de 1699, et Nicolas Chevalier lui avait donné place dans son Cabinet des scidptures antiques et modernes de Girardon. C'est à la mort de celui-ci, en 1715, que M. d'Estrées l'acheta pour quinze mille livres; il fut payé dix-huit mille livres en 1738, et placé dans la collection royale. On l'a classé maintenant au musée de la Sculpture moderne, n° 213.
2. Il est fait aussi allusion à cette anecdote dans les Mémoires du président Hénault, p. 102.
3. Comme marin, Villette lui reprochait d'être de caractère « peu enviable, » méfiant, soupçonneux, écoutant à peine ses officiers et les dénigrant par-derrière.
mettant à la table, que le maréchal d'Estrées alloit rapporter une affaire du conseil de marine qui étoit importante, mais où je n'entendrois rien à son rapport, et qu'il me prioit qu'il me la pût expliquer tout bas. Comme cela se faisoit à l'oreille pendant que le maréchal rapportoit, j'entendis assez l'affaire pour être de l'avis du comte de Toulouse, mais non pas assez distinctement pour bien parler dessus, de manière que, quand ce fut à moi à opiner, qui parlois toujours immédiatement avant le Chancelier, et le comte de Toulouse immédiatement après, je souris, et dis que j'étois de l'avis dont seroit M. le comte de Toulouse. Voilà la compagnie bien étonnée, et M. le duc d'Orléans à me dire en riant que ce n'étoit pas opiner. Je lui en dis la raison que je viens d'expliquer, et conclus à ce que j'avois déjà fait, ou que la voix de M. le comte de Toulouse fût comptée pour deux ; et l'affaire passa ainsi1. La Vrillière disoit de lui que c'étoit une bouteille d'encre2 qui, renversée, tantôt ne donnoit rien, tantôt filoit menu, tantôt laissoit tomber de gros bourbillons3, et cela étoit vrai de sa manière de rapporter et d'opiner4. Il étoit, avec cela, fort bon homme, doux et poli dans le commerce, et de bonne compagnie 5, mais , bien 6 que glorieux et aisé à égarer, grand courtisan quoique non corrompu. 11 faut achever de lui donner quelques moindres traits. Il aimoit fort Nanteuil7
4. Il répétera exactement la même anecdote, avec la comparaison qui suit, en 4745.