‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 172 sur 556 · Le surcharge V0{rdre\, non achevé et effacé du doigt · texte numérisé non relu

Le surcharge V0{rdre\, non achevé et effacé du doigt

9. Dangeau, p. 282 et 306; Sourches, p. 165. Le prix de vente n'était que de cent soixante mille livres. La prestation de serment se fit le 30 septembre.

10. Septembre 1684 : Dangeau, tome I, p. 57; Gazette, p. 679. M. d'Avaux, étant alors en Hollande, avait été autorisé à prendre néanmoins le cordon, comme l'archevêque d'Embrun l'avait fait à Madrid en 1662. On a son portrait gravé par Vermeulen d'après Largillière.

11. Jean-Jacques de Mesmes d'Avaux, IIIe du nom, conseiller au Parlement en 1649, maitre des requêtes en 1657 et intendant à Soissons, lecteur de la chambre du Roi de décembre 1668 à février 1677, con-

Trésor inutilement

cherché à Meudon.

Président

de Mesmes

prévôt et

grand maître

des cérémonies

de l'Ordre.

obtenu la même permission de continuer à porter l'Ordre, et ce président de Mesmes l'avoit eue en 1671, lors de la déroute de la Bazinière1, son beau-père, fameux financier, puis trésorier de l'Épargne, qui fut longtemps en prison2, puis revint sur l'eau, mais sans emploi3, et à qui il ne fut pas permis de porter l'Ordre depuis qu'il eut donné sa charge4 à son gendre lors de son malheur5. J'ai

seiller d'État semestre en août 1670, pourvu de la charge de président, sur la démission de son père, le 20 avril 1671, et de celle de prévôt des ordres, en remplacement de son beau-père, le 20 septembre suivant, membre de l'Académie française en 1676, mort le 9 janvier 1688, à cinquante-huit ans. On a son portrait gravé par Poilly, d'après la peinture de Mignard, et par Antoine Masson; il est représenté en prévôt de l'Ordre dans le ms. Clairambault 1111, fol. 134. — Tous ces personnages de la famille de Mesmes seront expliqués plus amplement dans la suite des Mémoires, en 1712 : éd. 1873, tome IX, p. 167-169.

1. Macé Bertrand, seigneur de la Bazinière et de Clichy-la-Garenne, baron de Mouvant, etc., succéda à son père, comme trésorier de l'Épargne, en avril 1643, fut pourvu de la charge de prévôt de l'Ordre le 12 avril 1661, et mourut le 3 novembre 1688. Tallemant des Réaux parle du père et des sœurs. Voyez aussi le Bulletin de la Société archéologique de Touraine, année 1885, p. 425-431. Clairambault nous a transmis deux dessins lavés du portrait de ce prévôt (mss. 1145, fol. 152, et 1236, fol. 68). Il avait épousé, le 10 mai 1644, la « belle gueuse » Chemerault, qui mourut le 3 janvier 1679, à soixantedix ans environ. Leur fille, Marguerite Bertrand de la Bazinière, épousa M. de Mesmes le 9 mars 1660, et mourut le 27 septembre 1688, à quarante-trois ans ; c'est cette dame que la marquise de Sévigné appréciait si fort pour son admiration des Grignan et de leur hospitalité princière. Saint-Simon, qui avait vu le trésorier en visite chez son père, fera un plus ample portrait de lui en 1712.

2. A la suite des affaires de Foucquet, d'avril 1664 à mai 1667 ; la Chambre de justice le taxa à six millions. Voyez les Archives delà Bastille, tome III, p. 10, 47, etc.

3. Il restait encore fort riche. Sa tille passait jadis pour avoir cinq cent mille écus de dot. Il avait bâti la maison d'Issy que plus tard le prince de Conti embellit, et l'hôtel du quai Malaquais qui passa ensuite aux Bouillons. Ce fut un des premiers fervents de Molière.

4. Il avait d'abord écrit : qu'il Veut donnée, puis a biffé le féminin de donnée, mais non le pronom élidé, et mis sa charge en interligne.

5. Il fallut lui réitérer, comme à Jcannin de Castille, l'ordre de se démettre de cette charge : Lettres de Colberl, tome VI, p. 281 ; Archives

parlé plus d'une fois1 de ces ventes décharges de l'Ordre, et, emporté par d'autres matières, je ne me suis pas étendu sur celle-là, qui ne laisse pas d'avoir sa curiosité2 par cela même qu'on voit arriver tous les jours cette multiplication de cordons bleus par la transmission de ces charges. Une fois pour toutes il est à propos de l'expliquer. J'irois trop loin, si j'entreprenois de traiter ici ce qui regarde l'ordre du Saint-Esprit3 ; la disgression seroit longue et déplacée : je me renfermerai aux charges, puisque l'occasion en a été manquée plus haut, et qu'elle se présente ici naturellement4.

Henri III, en créant l'ordre du Saint-Esprit3, y établit Disgression

de la Bastille, tome III, p. 97. C'est pour trouver l'argent des subsides à donner aux princes allemands que Foucquet avait imaginé d'offrir à des financiers les charges de l'Ordre.

1. Tomes III, p. 143, V, p. 136, VI, p. 251-252, VIII, p. 19 et 21, et X, p. 108.

2. -La troisième lettre de curiosité surcharge une n ou un w.

3. Il n'en parlera que par occasion, sur des points spéciaux, mais assez longuement et en suivant toujours le tome IX et dernier de {'Histoire généalogique (1733), consacré par les continuateurs du P. Anselme aux chevaliers et officiers de l'Ordre, auquel nous devons joindre maintenant le Supplément donné par P. Potier de Courcy, lie partie (1890), p. 389-454. En 1760, l'historiographe officiel Saint-Foix fit paraître une Histoire plus spécialement consacrée à une partie des détails sur lesquels porteront les diverses digressions de Saint-Simon.

4. On trouve, dans ses Remarques sur l'Ordre et dans ses Légères notions des chevaliers du Saint-Esprit, des premières rédactions dont je donne des fragments ci-après, appendice IV.

5. Sur les motifs de cette création de 1578, voyez les Écrits inédits, tomes III, p. 47-48, et V, p. 87-89, et l'Addition n° 6, dans notre tome I, p. 310-311. Saint-Simon avait dans sa bibliothèque l'édition des Statuts donnée par l'Imprimerie royale en 1703, Y Armoriai de Fr. de la Pointe (1689), les Statuts et catalogue publiés par le. P. Simplicien (1733), le recueil de d'Hozier de 1633, et celui de François la Fleiche (1643). De plus, il avait formé trois volumes de textes de statuts, règlements, projets de réformes, etc., qui sont les nos 32, 33 et 34 de ses Papiers aujourd'hui vol. France 187, 188 et 189. On y voit qu'il s'était tout spécialement occupé des différences du texte primitif de 1578 avec les textes postérieurs, ainsi que des modifications qu'on eût dû y apporter selon lui. Dans les notes qui vont suivre, je ne citerai que les statuts originaux

sur les charges de l'Ordre.

Grand

aumônier;

pourquoi sans

preuves.

Amyot privé

de sa charge

de grand

aumônier.

en même temps cinq charges1 : celle de grand aumônier de l'Ordre2, qu'il unit dès lors à celle de grand aumônier de France, et sans preuves3. Ce fut pour gratifier M. Amyot, évêque d'Auxerre4, qui avoit été son précepteur et des rois ses frères, et que Charles IX fit grand aumônier5. Il étoit aussi porté par les Guises, et se livra depuis à la Ligue avec tant d'ingratitude, que, quelque débonnaire que fût Henri IV, une des premières marques qu'il donna de son autorité fut de le priver de la charge de grand aumônier de France à la fin de 15916, et de la donner au

de 1578 (exemplaire conservé dans le recueil Thoisy, vol. 362), en lxxxvii articles, et non les remaniements postérieurs avec articles additionnels. Je me servirai aussi du registre du greffe d'après la copie venant de MM. de Mesmes, ms. Fr. 3968.

1. Comme dans l'ordre de Saint-Michel, le seul qui existât alors (ci-après, p. 179), et dont les officiers furent pris pour celui du Saint- Esprit. On les voit assistant Henri III dans les reproductions figurées de la première réception : ms. Clairambault 1111, fol. 171-173. ,

2. Le titulaire (tome VII, p. 157) recevait mille écus comme commandeur, et autant comme aumônier de l'Ordre.

3. Sur ces preuves, voyez la note 3 de notre tome VIII, p. 282, et un mémoire dressé par Clairambault et imprimé en 1724.

4. Jacques Amyot, le traducteur de Plutarque, de Longus, d'Héliodore, de Diodore, etc., né à Melun le 30 octobre 1514, dans une famille d'artisans, fut fait abbé de Bellozane (1546), précepteur des enfants d'Henri II (1554), sur la proposition du cardinal de Tournon, puis grand aumônier de France (1560), abbé des Roches (1560) et de Saint-Corneille de Compiègne (1564), doyen de Sainte-Croix (1565), évêque d'Auxerre (1570), enfin grand aumônier de l'Ordre (1578). Son épitaphe est dans le ms. Clairambault 942, fol. 22. Brantôme a fait son éloge : Œuvres, tome V, p. 282-285. Voyez sa notice inédite, ci-après, p. 458.

5. Le duc de Luynes dit, de même que notre auteur, qui le répétera trois fois, qu'on dispensa Amyot des preuves parce qu'il n'eût pu les faire (Mémoires, tomes VI, p. 259-260, et XIII, p. 200).

6. Comme nous avons vu destituer le cardinal de Bouillon en 1700 (tome VII, p. 196-198). « Après les états de Blois de 1588..., taxé d'avoir eu trop de liaisons avec le parti de la Ligue contre son bienfaiteur et contre le roi Henri IV, il se retira dans son évêché, où il eut beaucoup à souffrir des habitants et de son clergé. Enfin, cassé de vieillesse, et plus encore de ses ennuis, ayant été privé de la charge de grand aumônier dès l'année 1591, il mourut le 6 février 1593 » (Histoire généalogique,

célèbre Renaud de Beaune1, archevêque de Bourges alors, puis de Sens : en conséquence de quoi M. Amyot fut en même temps privé de porter l'Ordre, et M. de Beaune le reçut le dernier jour de cette année, dans l'église de Mantes, des mains du maréchal de Biron père2, qui fit en même temps son fils3 chevalier du Saint-Esprit par commission d'Henri IV, qui n'étoit pas encore catholique4. Les quatre autres charges furent : chancelier, garde5 des sceaux et surintendant des deniers6 de l'Ordre, en une seule et même charge, qui a été quelquefois, quoique rarement, partagée7; prévôt et grand maître des cérémonies

tome VIII, Grands aumôniers de France, p. 284; comparez Oroux, Histoire ecclésiastique de la cour de France, tome II, p. 204-227). 4. Petit-fils de Semblançay : ci-après, appendice IV, p. 465.

2. Armand de Gontaut, baron de Biron, ancien page de Marguerite de Navarre et guidon du maréchal de Brissac, devint mestre de camp de la cavalerie légère, maréchal de camp et grand maître de l'artillerie en 4569, maréchal de France le 2 octobre 4577, chevalier du Saint- Esprit à la promotion de 4584 (ms. Fr. 3968, p. 34-35). Il se déclara des premiers pour Henri IV, mais fut tué au siège d'Épernay, le 26 ou le 27 juillet 4592, à soixante-huit ans. Son portrait est dans le ms. Clairambault 4445, fol. 452 et 453 v°. Sa notice par Saint-Simon, dans les Duchés éteints, est imprimée au tome V des Écrits i7iédits, p. 486-494. On le considérait comme un homme universel. La légende rapporte que, pour faire ses preuves de l'Ordre, il ne présenta que cinq ou six vieux titres, mais dit au Roi, en montrant sa propre épée : « Voici ma noblesse encore mieux. » Brantôme a fait un long éloge de lui.

3. Charles de Gontaut : tome II, p. 44. Son portrait est dans le ms. Clairambaultll20, fol. 3 et 9.

4. Histoire généalogique, tome IX, p. 404. La première condition pour entrer dans l'Ordre était de professer la religion catholique, et le Roi ne pouvait faire aucune promotion qu'après avoir été sacré. Celle-ci eut lieu à Darnetal, et non à Mantes, comme le dit à tort l' Histoire; voyez le ms. Fr. 3968, p. 90. — Tout ce qui vient d'être dit sur Jacques Amyot, Renaud de Beaune et les deux Biron sera répété en 4740, en 4747, en 4722, et se retrouve encore dans une lettre écrite par notre auteur, le 7 février 4722, au cardinal Dubois, et publiée par M. Drumont clans Y Ambassade de Saint-Simon en Espagne, p. 259.

Page 1