‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 19 sur 556 · Bien est en interligne, au-dessus de quoy, biffé · texte numérisé non relu

Bien est en interligne, au-dessus de quoy, biffé

7. Nanteuil-le-Haudouin, en Valois, sur la Nonette, à quarante-neuf

et y avoit dépensé follement à un potager. Il y menoit souvent du monde ; mais ni portes ni fenêtres qui tinssent. Il fît boiser toute sa maison. Sa boiserie1 prête à poser toute entière, on l'amena, et on la mit en pile tout plein une grande salle : il y a bien vingt-cinq ans ; elle y est encore ; et, le pont d'entrée, il y en a autant que personne n'a osé y passer qu'à pied. Il s'impatienta d'ouïr toujours vanter ces veaux de Royaumont 2 que Monsieur le Grand y faisoit nourrir d'œufs avec leur coque et de lait, dont il donnoit des quartiers au Roi, et qui étoient excellents3 : il en voulut faire engraisser un à Nanteuil de même. On le fit, et, quand il fut bien gras, on le lui manda. Lui compta qu'en continuant à le nourrir il engraisseroit bien davantage. Cela dura ainsi plus de deux ans, et toujours en œufs et en lait, dont les

kil. N. de Paris, et dix-neuf de Senlis ; châtellenie érigée en comté en 1544, achetée en 1556 par le duc de Guise, puis par le maréchal de Schonberg en 1578, enfin par le premier maréchal d'Estrées, des héritiers duquel celui-ci l'acquit en 1710, pour près de cinq cent mille livres, avec la capitainerie voisine de Villers-Cotterets. Louis XIV y avait séjourné plusieurs fois, en allant à la frontière, le 25 septembre 1654, le 13 novembre 1681, le 15 juillet 1692, etc.; peut-être aussi y avait-il passé en avril 1672, pendant que Mme de Montespan était retirée au Génitoy. Plusieurs des lettres de Loret sont datées de ce château, en 1650.

1. Boiserie surcharge des lettres illisibles, peut-être mai[s\.

2. L'abbaye de Royaumont, fondée par saint Louis, dès le commencement de son règne, à l'extrémité N. de l'Ile-de-France, au N. E. de Beaumont-sur-Oise, et tenue par des religieux de Cîteaux, appartint successivement à deux abbés de Lorraine, frère et fils cadets de Monsieur le Grand, et celui-ci y fit de magnifiques aménagements pour donner des fêtes à la cour (Dcmgeau, tome IV, année 1693, p. 242; Histoire de Royaumont, par l'abbé Duclos, 1867, tome II, p. 245-331). Une partie des bâtiments de l'abbaye a été restaurée, de nos jours, par une congrégation religieuse.

3. C'était aussi une passion chez Mazarin, comme on peut le voir dans sa correspondance avec Colbert, au tome I du recueil publié par P. Clément, p. 220, 223, 224, dans le Voyage de deux jeunes Hollandais, p. 175, dans Mazarin et Colbert, par le comte de Cosnac, tome II, p. 244-245, etc. Colbert veillait de très près à ce que l'élevage ne se prolongeât pas outre mesure.

nault.

comptes allèrent fort loin pour en faire enfin un taureau, qui ne fut bon qu'à en faire d'autres. Avec cela, grand chimiste, grand ennemi des médecins, il donnoit de ses remèdes et y dépensoit fort à les faire, et, de la meilleure foi du monde, se traitoit lui-même le premier1. 11 vécut2 toujours fort bien avec sa femme, elle avec lui, chacun à leur manière, châteaure- Châteaurenault, du nom de Rousselet3, inconnu entiè-

rement avant le mariage de son bisaïeul avec une sœur du cardinal et du maréchal-duc de Retz, à l'arrivée obscure des Gondy en France4, fut le plus heureux homme de mer de son temps, où il gagna des combats et des batailles, et où il exécuta force entreprises difficiles et fit beaucoup de

4. Voyez la lettre de Saint-Simon citée ci-dessus, p. 47, note 7.

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