Celte assurance fut consignée dans la Gazette
de pareils brevets, n'ont jamais été chevaliers de l'Ordre'. Outre le ridicule général de ces brevets, ils en ont un particulier qui échappe, et qu'il est curieux d'exposer ici. On a vu ci-dessus que le chancelier de l'Ordre, entre les distinctions qu'il a par-dessus les autres grands officiers laïcs2, a celle d'avoir le grand manteau de l'Ordre semblable en tout à ceux des chevaliers et avec le collier de l'Ordre brodé tout autour comme eux ; il n'a même de différence d'eux que le dernier rang après tous et avec les trois autres officiers, et de n'avoir point le collier d'or massif émaillé*. De cette privation du collier, le Statut en fait comme une excuse, disant que le chancelier n'a point de collier parce qu'il est censé être personne de robe longue4; et c'est toutefois à cette personne de robe longue, et par cela même exclue du collier, qui n'est propre qu'à ceux de la noblesse et dont la profession est les armes, que ce collier est promis en vendant sa charge, et aux5 autres grands officiers en se défaisant des leurs, tous de robe ou de plume, par ce brevet illusoire, qui n'a eu d'exécution dans aucun, dont aucun n'a espéré l'accomplissement, et qu'aucun roi n'a jamais imaginé d'effectuer6!
4. Comparez ci-après, p. 478. On a nombre d'exemples de pareils brevets délivrés à des gens d'épée, comme ci-dessus, p. 35, note 4, et p. 101, notes 4 et 5. Celui de ïréville est dans le ras. Fr. 3968, p. 259.