‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 242 sur 556 · Tome X, p. 27-34. — 3. Ibidem, p · texte numérisé non relu

Tome X, p. 27-34. — 3. Ibidem, p

oté dès qu'elles passeraient par le canal naturel des ambassadeurs et des ministres du Roi1. Torcy, avec qui il avoit rompu, étoit celui qui, par son département, en avoit le détail, et qui faisoit et recevoit les dépêches des deux rois, et voyoit même celles qui étoient2 de leur main. Par là, impossibilité qu'Harcourt pût se mêler de rien, ni même pénétrer ce qui se passoit, sans dépayser des gens si nécessairement nés et initiés dans ces affaires privativement à tous autres3. Son intérêt, celui de Mme de Maintenon, celui de Mme des Ursins étoit en cela le même; ce fut aussi ce qui forma, puis affermit leur union intime4, antérieure déjà entre Mme de Maintenon et Harcourt, et ce qui les roidit à soutenir Mme des Ursins pour ôter le secret et la confiance des affaires d'Espagne aux ambassadeurs et aux ministres, et ne leur en laisser que le gros et les expéditions indispensables. Sûre de cette position, Mme des Ursins leva le masque contre le cardinal et l'abbé d'Estrées après avoir jeté ce régiment des gardes au cardinal Portocarrero, qui, bien que réuni à eux, n'osa5 d'abord après Artifice crier si haut qu'eux. Cette guerre déclarée fit un grand de retraite éclat : c'est ce que la camarera-mayor vouloit, qui, se sen-

1. Le 3 décembre 1702, Mme de Beauvillier écrivait à Louville : « M. d'Harcourt n'est plus consulté sur rien de l'Espagne. Le maréchal de Villeroy paroît consulté sur beaucoup de choses. Le public lui donne le commandement principal de l'armée de Flandres. »

2. Avant estoient, il y a un autre estoi, inachevé et non biffé.

3. Un mémoire en forme d'instruction pour un des représentants de la France qui avait passé quelque temps avec lui en Espagne, et qui y était resté depuis,, fut dressé par M. d'Harcourt en novembre 1703, et se trouve au Dépôt des Affaires étrangères, vol. France 447, fol. 99-107. Il porte sur l'effectif des troupes et de la marine, sur les voies et moyens de remédier à leur insuffisance, sur les ressources financières, etc. Le destinataire devait être Orry, que M. d'Harcourt avait connu dans son premier séjour de 1701.

4. Après avoir écrit d'abord : leur intime, puis avoir corrigé en leur intimité et, il a biffé les deux derniers mots, a substitué union en interligne, et a biffé encore ce mot, pour récrire à la suite : union intime.

Page 1