Dans notre tome VII particulièrement
2. Altier (Académie, 1718). Voyez des exemples dans Brantôme, tome V, p. 128, et dans P. de VEstoile, tome I, p. 322.
3. Comparez un autre portrait, en 1714, dans la suite des Mémoires, éd. 1873, tome X, p. 348-349. En le choisissant pour aller siéger au despacho, avec adjonction de son neveu l'abbé d'Estrées comme remplaçant Marcin à l'ambassade (notre tome X, p. 234-235 et 385), Louis XIV l'avait présenté pour « l'homme le plus consommé dans les affaires, le plus éclairé qu'il pût mettre auprès du roi » (lettre du 4 février 1703, dans ses Œuvres, tome VI, p. 107-108). L'instruction qui lui fut donnée alors se trouve au Dépôt des affaires étrangères, vol.
espagnol, qu'il voulut quitter la junte1. Mme des Ursins trouva qu'il n'en étoit pas encore temps, et qu'il seroit trop dangereux de délivrer le cardinal françois de ce compagnon2. Pour le retenir, elle s'avisa de flatter sa vanité par un expédient tout à fait ridicule3. Gastanaga, autrefois gouverneur des Pays-Bas, venoit de mourir; il avoit le régiment des gardes4. On avoit cru faire passer cette nouveauté d'un régiment des gardes plus doucement en le [Add. S-S. 490} donnant à un homme si distingué5. On le proposa au cardinal Portocarrero, prêtre, archevêque, primat, cardinal, ex-régent : il l'accepta; on se moqua de lui6. Je ne sais
Espagne 109, fol. 15-53. Mme des Ursins reconnaissait qu'on n'eût pu trouver un ministre plus habile; mais, disait-elle, il eût mieux réussi comme ambassadeur que comme conseiller français adjoint au despacho, et les grands ne manqueraient pas de s'en plaindre. Portocarrero et Arias tirent entendre les mêmes reproches. (Lettres de Mme des Ursins à Torcv, 25 octobre, 11 et 29 novembre 1702.)
1. C'est dès l'entrée à Madrid qu'il fit connaître cette intention par un billet que Mme des Ursins reçut dans le carrosse même de la reine. Sur cette nouvelle, le contrôleur général écrivait à l'envoyé Blécourt, le 3 février 1703 (Arch. nat., G7 1092) : « Toute ma curiosité se réduit ;i savoir s'il y a eu du manège, avant l'arrivée du roi, pour obliger le cardinal Portocarrero à demander à se retirer du despacho, ou s'il en a pris la résolution de lui-même, et s'il est vrai que le cardinal d'Estrées ait proposé, en attendant qu'on formât un nouveau conseil des dépêches, de communiquer les affaires au grand conseil. »
2. Dès le commencement de 1703, elle en fait faire ses plaintes à Mme de Maintenon, qui n'ose les transmettre au Roi, quoique suffoquée elle-même de l'attitude des d'Estrées, et enfin, en février, Mme des Ursins déclare qu'elle n'y tient plus, et veut s'en aller. Voyez ci-après, p. 489 et suivantes, des fragments de sa correspondance.
3. Dangeau, p. 118-119, février 1703; Gazette, p. 78, 88, 89 et 280; Mémoires de Noailles, p. 129-130.
%. Nous lui avons vu donner ce commandement des gardes à cheval en 1702 : tome X, p. 388.
5. J'ai dit que Charles 11 avait échoué dans ses tentatives pour organiser une garde régulière autour de lui. Voyez ci-après, p. 322-323.
6. La Gazette fit cependant observer (p. 89) que le cardinal Pierre d'Aragon avait jadis eu un pareil commandement. Une correspondance de Madrid, en date du 22 mai suivant, recueillie par le P. Léonard (Arch. nat., K 1332, n° 1, fol. 199; comparez la Gazette de Bruxelles,
si le cardinal d'Estrées en prit occasion de se raccommoder avec lui contre la camarera-mayor ; mais enfin ils reconnurent qu'elle les jouoit, et ils s'unirent pour se maintenir contre elle1. Harcourt, dans l'intime liaison de per30nnaee Mme de Maintenon , l'avoit extrêmement portée à s'emparer d'Harcourt. autant qu'elle le pourroit des affaires d'Espagne2, et, par elle, s'étoit extrêmement lié avec Mme des Ursins, quoique de Paris à Madrid. Ils s'étoient reconnus réciproquement nécessaires : elle, pour avoir des lumières et des instructions sur la cour et les affaires d'Espagne, où elle étoit toute nouvelle encore, et pour avoir un canal et un appui auprès de Mme de Maintenon contre les ambassadeurs du Roi et ses ministres; Harcourt, qui visoit toujours au ministère, qui avoit manqué son coup3, qui, porté par sa protectrice, espéroit d'y revenir, qui n'avoit aucune autre voie pour y réussir que de se conserver des occasions continuelles de parler des affaires et de la cour d'Espagne, et d'être écouté et consulté sur ces matières. Cela lui étoit
p. 371), raconte ce qui suit : « Les gardes du corps parurent hier devant S. M. Catholique, avec leurs habits neufs que M. d'Albaret (intendant du roi de France en Roussillon) a fait faire, et pour lesquels on lui a donné cent vingt mille livres. Ils sont tout garnis de grands galons d'argent. Il y a huit compagnies, de cinquante hommes chacune, et tous gens bien choisis, dont M. le cardinal Portocarrero est colonel. Ils ne sont pas encore montés, parce que les selles et les brides ne sont pas finies. Toutes ces troupes ne plaisent pas aux Espagnols, qui n'avoient pas accoutumé d'en voir auprès de leurs rois; mais elles font un très bon effet.... » Au bout de quelques mois, le cardinal « refusant absolument ses soins » à son régiment, il fallut chercher à le remplacer : le connétable de Castille n'accepta pas les propositions qu'on lui tit (lettre de Mme des Ursins à Torcy, 7 octobre 1703).
t. Coîitrelle (sic) a été ajouté en interligne. — Louis XIV insista luimôme, par une lettre de la main, du 4 février (ses Œuvres, tome VI, p. 111; Mémoires de Noailles, p. 137-139), pour que le cardinal Portocarrero rentrât au despacho, et ce dernier vint annoncer, le 18 février, dans la chambre de la reine et en présence de Mme des Ursins, qu'il y consentait. Cette nouvelle, disait le cardinal d'Estrées en la transmettant tout de suite au Roi, fit la joie du ménage royal.