Un blanc au manuscrit
5. Comparez la suite des Mémoires, tome IX, p. 118-119. — Selon quelques biographes, Jean Bouteroue, dit d'Aubigny, était fils d'un procureur au Parlement, et non au Châtelet, comme Saint-Simon affecte de le dire. Louville dit un notaire ; mais il n'y eut ni notaire ni procureur de ce nom àParisa. Sa maîtresse le fit nommer écuyer de la reine d'Espagne et secrétaire du roi, puis obtint pour lui, en 1710, une grande maîtrise des eaux et forêts de Touraine, Anjou et Maine, avec une charge de secrétaire du roi de France (je ne trouve pourtant pas son nom dans le livre de Tessereau), et, plus tard, elle lui fit acquérir la seigneurie de Chanteloup, dans la même province de Touraine, et celle de la Roche-Chargé.
6. Elle parle de lui dès 1685. Au mois d'avril 1702, quand il s'agissait de remplacer M. de Marcin comme ambassadeur, Louville écrivait de Naples, au duc de Beauvillier : « J'ai oublié de vous mander que Mme la princesse des Ursins songe à mettre son M. d'Aubigné (corrigé en Aubigny sur la minute) en place, et qu'elle voudroit bien qu'il fut quelque chose et qu'il pût relever Blécourt (le chargé des affaires). Cela ne convient en façon quelconque. » (Lettre du 24 avril, dans les Mémoires secrets, tome I, p. 247-248). En décembre de la même année, la princesse l'avait envoyé en mission auprès de la reine douairière, au grand scandale de Louville (lettre de celui-ci à M. de Torcy, 30 décembre 1702).
° C'était une famille de notaires royaux, d'avocats, de receveurs des tailles en province (Cabinet des titres, Pièces originales, dossier 10 693).
avoit le pouvoir qu'ont ceux qui suppléent à l'insuffisance des maris1. Louville, à qui la camarera-mayor voulut parler une après-dinée avec le duc de Medina-Celi2, et voulant les voir sans être interrompue, entra, suivie d'eux, dans une pièce reculée de son appartement3. D'Aubigny y écrivoit, qui, ne voyant entrer que sa maîtresse, se mit à jurer et à lui demander si elle ne le laisseroit jamais une heure en repos, en lui donnant des noms les plus libres et les plus étranges, avec une impétuosité si brusque, que tout fut dit avant que Mme des Ursins pût lui montrer qui lasuivoit. Tous quatre demeurèrent confondus : d'Aubigny à s'enfuir, le duc et Louville à considérer la chambre pour laisser4 quelques moments à la camarera-mayor pour se remettre, et les5 prendre eux-mêmes. Le rare est qu'après cela il n'y parut pas, et qu'ils se mirent à conférer comme s'il ne fût rien arrivé6. Bientôt après, ce compagnon, qui n'étoit qu'un avec Orry, qui le gorgea de biens dans les suites, fut logé au palais, comme un homme sans conséquence par son état; mais où? dans l'appartement de l'infante Marie-Thérèse, depuis épouse de Louis XIV, et, cet appartement paroissant trop petit pour ce seigneur, on y augmenta quelques pièces contiguës7. Ce ne fut pas sans murmure d'une nouveauté si étrange8;
1. Dans les premiers temps de son séjour en Espagne, elle s'était attaché un certain Miguel Salvador, fils d'un apothicaire de Barcelone et chassé des bureaux de la secrétairerie d'État. Les objurgations de M. de Torcy et les cris des Madrilènes n'ayant rien fait, il fallut une injonction positive pour qu'elle retirât à cet homme le gouvernement de Potosi, dont elle l'avait affublé (lettres des 17 janvier, 8 et 23 avril, \ 4 mai 4702).
2. Ci-dessus, p. 240, note 2. — 3. Phrase incorrecte, avec deux sujets.