Les deux ducs mariés aux deux nièces de sa mère
4. A la fin de ce second nom, il a biffé une s; mais il a écrit ensuite : (Vailleur.
5. Chamillart va travailler avec le Roi chez Mme de Maintenon, au moins trois fois par semaine, le soir (Dangeau, tome IX, p. 348).
6. La lettre de Mme de Maintenon à Mme de Saint-Géran datée du 18 juillet, et commençant par celte phrase : « Notre ami est à présent fort à son aise ; M. Desmaretz l'a déchargé d'un fardeau bien pesant, la guerre en ira mieux..., » est de la fabrication de la Beaumelle : voyez la Correspondance générale, tome V, p. 216-217. Cette rentrée ne commença à être pressentie que vers le milieu de septembre : « On parle de quelque changement clans les charges de finances, dit alors Dangeau (p. 292). On sait que, depuis que M. de Chamillart est contrôleur général, il a souvent consulté M. Desmaretz sur les affaires; cependant il n'avoit pu jusqu'ici obtenir la permission du Roi de lui faire la révérence. On est persuadé que cela va changer de face. » Nous avons vu (en dernier lieu, tome X, p. 389, note 10) que les Beauvillier et leurs amis n'étaient pas parvenus à faire accepter Desmaretz pour la réorganisation des finances de l'Espagne. Saint-Simon racontera plus tard (tome VIII do 1873 p. 417) que, bien antérieure-
fait, il fut question d'un autre : on voulut que Desmaretz fût présenté au Roi. Après quelque intervalle, Chamillart* se hasarda de le demander; ce fut bien pis que l'autre fois : le Roi se fâcha, dit que c'étoit un voleur de l'aveu de Colbert mourant, son propre oncle, qu'il a voit chassé sur son témoignage même avec éclat2, et que c'étoit encore trop qu'il eût permis de s'en servir dans un emploi où, si on lui laissoit le moindre crédit, il ne se déferoit pas d'un vice si utile. Chamillart n'eut qu'à se taire; néanmoins, encouragé par le dernier succès, et pressé de temps en temps par les deux ducs3, il eut encore recours à Mme de Maintenon, à qui il représenta l'indécence de se servir publiquement d'un homme en disgrâce, que le Roi ne vouloit point voir, le dégoût extrême que cette situation répandoit sur le travail de Desmaretz, et le discrédit qui en étoit la suite, qui portoit directement sur les affaires qu'il lui renvoyoit; il vanta sa capacité, le soulagement qu'il en recevoit, l'utilité qui en revenoit aux finances, et sut si bien faire auprès d'elle, que le Roi consentit enfin, mais comme à regret, qu'il lui fût présenté. Chamillart le fit donc entrer dans le cabinet du Roi à l'issue d'un conseil tenu l'après-dînée du jour que S. M. partit pour aller coucher à Sceaux et de là à Fontainebleau. On ne put rien de plus froid que la réception que lui fit le Roi; il y avoit vingt ans qu'il ne l'avoit vu4. Chamillart, embar-
ment, dans le temps où les finances étaient aux mains de Pontchartrain, celui-ci avait « rompu auprès du Roi les premières glaces pour rappeler Desmaretz aux finances. »
1. Les deux premières lettres de ce nom surchargent De[smarests] , inachevé.
2. C'est ce qui a été discuté dans l'appendice XI de notre tome VII, p. 536-538, sans d'ailleurs contester la culpabilité de Desmaretz.
3. On trouve mainte trace de cette insistance en faveur de Desmaretz dans la correspondance de M. et Mme de Beauvillier avec Louville.
A. Dangeau, p. 296 : « M. Chamillart mena, l'après-dinée, M. Desmaretz dans le cabinet du Roi, à Versailles. Il y avoit vingt ans qu'il n'avoit vu le Roi. Il n'entrera point dans le conseil de finances comme on l'avoit dit il y a quelques jours. Il n'aura point de charge; mais
rassé d'un éloignement1 si marqué contre la manière toute gracieuse dont le Roi recevoit toujours ceux qu'il vouloit bien revoir après les disgrâces, n'osa passer plus loin. Desmaretz demeura sans titre, mais travailla avec plus de considération, et fut employé en plus d'affaires, qui allèrent sans milieu du contrôleur général à lui, et de lui au contrôleur général; mais on vit bientôt qu'il n'est que de revenir, et que, ce grand pas fait, tout vient ensuite, et bientôt2. Un mois après3, Beauvillier, Ghevreuse4 et Desmaretz.
M. de Chamillart lui renverra beaucoup d'affaires qu'il s'étoit réservées, et qui ne passeront point par les directeurs ou par les intendants des finances. Ce changement-là soulagera fort M. de Chamillart, et donnera une grande considération à M. Desmaretz. » C'est à ce propos, comme on nous le racontera plus tard, que le Chancelier fit ce mot : « L'enfant est baptisé et en sûreté, mais non encore nommé. » L'auteur des Mémoires de Sourches (p. 179) semble avoir su dès la veille (18 septembre) que Desmaretz aurait une charge, mais sans titre ni entrée au Conseil, au-dessus des deux directeurs, avec toute « la confiance des finances. » Le 19, il dit (p. 181) : « L'après-dinée, Desmaretz, conduit par le contrôleur général de Chamillart, salua le Roi dans son cabinet, sans témoins que le premier valet de chambre de la Vienne; et puis le Roi partit pour Fontainebleau. » Cette nouvelle était déjà envoyée aux gazettes de Hollande.
1. D'un corrige d'une, et éloignement semble surcharger manière, non terminé et effacé du doigt.
2. Le public loua le « beau procédé » de Chamillart (lettre de Mme de Coulanges à Mme de Grignan, 25 septembre), et les fermiers généraux allèrent complimenter Desmaretz (Gazette d'Amsterdam, n° lxxxiv); mais certains regardèrent Chamillart comme un imprudent. « 11 falloit, dit Louville au duc de Beauvillier (lettre reproduite dans ses Mémoires, tome II, p. 126), il falloit mettre Desmaretz en premier, et non en second, car un homme de ce mérite-là donnera bientôt de l'ombrage à M. Chamillart. Toujours des demi-partis! » La correspondance du contrôleur général avec son gendre la Feuillade (recueil de l'abbé Esnault, tome I, p. 309 et 316-317) prouve que cette prédiction de Louville fut vite justifiée.
3. Dangeau, p. 319, 12 octobre; Sourches, p. 194 et 195; Annuaire- Bulletin de la Société de l'Histoire de France, 1868, 2e partie, p. 70. La lettre que Desmaretz écrivit au duc de Vendôme pour le remercier de ses félicitations est copiée dans le ms Fr. 14 177, fol. 346 v°.