‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 256 sur 556 · Estoit a été ajouté en interligne · texte numérisé non relu

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3. Saint-Simon emploiera souvent estropier dans ce sens figuré, plus généralement applicable à un nom de chose abstrait, comme un passage de livre ou de discours, une pensée, un raisonnement.

4. Dangeau, p. 311, 4 octobre 1703 : « On mande d'Espagne qu'on a créé une charge, de secrétaire d'État pour la guerre et pour les étrangers, qu'on a donnée au marquis de Canalès, qu'on appeloit, dans ses ambassades, Coloma. Cette charge est un démembrement de celle du marquis de Rivas. » Voyez Philippe V, par M. Baudrillart, tome I, p. 134 et 167-168; les Mémoires de Louville, tome II, p. 155 ; la Gazette d'Amsterdam, n° xcvii. C'est ce Gaspard, ou plutôt Manuel Coloma, que nous avons vu, en 1699, provoquer un esclandre à la cour d'Angleterre, et qui avait été rappelé d'ambassade, presque exilé (tome VII, p. 122 et 248). Il était venu à Versailles en mai 1701. Antérieurement, il avait occupé le poste de Gênes jusqu'en 1684, puis celui de la Haye, et était arrivé à Londres en 1691. Mme des Ursins ne lui laissa son département que pendant cinq ou six mois : en avril 1704, il fut renvoyé du Conseil ainsi que I). Arias; puis, en juillet, ses attributions du despacho furent rendues à Rivas. L'instruction donnée alors au duc de Gramont portait que le marquis de Canalès n'avait aucun mérite pour cet emploi. 11 reçut, comme indemnité, une pension de douze mille ducats et une clef de gentilhomme de la chambre en exercice (Gazette de 1704, p. 413- 414; Dangeau, tome X, p. 106; Mémoires de Noaillcs, p. 173). En juillet 1 70">. il prit de nouveau la direction générale des affaires de la guerre,

pouillé des affaires étrangères, des finances et de la guerre. Ce ne fut qu'un prélude : bientôt après, Rivas fut tout à fait remercié1. 11 survécut à ses places et à sa fortune dans une obscurité qui ne finit qu'avec sa vie, qui dura encore pour le moins vingt-cinq ans, pendant lesquels il eut le plaisir de voir la chute de son ennemie et force grands changements2.

Desmaretz Le mercredi 4 9 septembre3, le Roi alla coucher à Sceaux,

enfin présente e^ }e lendemain à Fontainebleau. Il y avoit longtemps que

au Roi. . . .

Voyage les ducs de Chevreuse et de Reauvillier cherchoient à tirer de Desmaretz du triste état où il languissoit depuis la mort

Fontainebleau. i *i r» n j. r < i * u c • i

de M. Lolbert, trere de sa mère . Si on se souvient de ce que j'ai dit de lui p. 21 o5, on trouvera que je n'ai pas besoin d'en rien répéter ici ni ailleurs. Dès lors Chamillart avoit eu permission de se servir de ses lumières à ressasser les financiers6, mais rien au delà. La surcharge des

avec entrée au conseil du cabinet, tandis que cette partie du despacho était confiée au marquis de Grimaldo (Gazette, p. 365). Il quitta ses fonctions en octobre 1706, reçut la commission de capitaine général de l'artillerie, puis la charge même, après M. de Leganès, en mars 1711, et mourut le 3 novembre 1713, ayant alors un titre de conseiller d'État. C'était le beau-frère du prince de Tserclaës dont il sera parlé plus loin.

1 . En \ 705 seulement ; mais il sera parlé de lui ci-après, p. 321 .

2. Nous verrons Saint-Simon, pendant son ambassade de 1721-22, lui rendre visite et le cultiver.

3. Dangeau, p. 296, avec l'Addition placée sous le n° 333 dans notre tome VII, p. 395-397; Sourches, p. 181; Gazette de Bruxelles, p. 615 et 623; Gazette d'Amsterdam, n° lxxx; Mercure du mois, p. 184-299 et 364-369.

4. Il a annoncé plus haut, p. 94, que Desmaretz, revenu sur l'eau, ne tarderait pas d'y voguer en plein. Sa mère venait de mourir le 18 avril.

5. A propos de la « recherche des gens d'affaires » pour laquelle Chamillart, en 1700, a demandé Desmaretz : tome VII, p. 129-138.

6. Littré a relevé un autre exemple de cet emploi de ressasser dans notre auteur. Selon V Académie de 1718, c'est « examiner exactement et avec soin pour voir s'il n'y a lieu à redire; et, dans ce sens, on dit : ressasser les yens d'affaires, pour dire : faire des recherches contre eux. » Saint-Simon écrit : resasser.

ministères de la guerre et des finances avoit forcé Ghamillart, comme on Fa vu en son temps1, à se faire soulager par l'érection de deux directeurs des finances pardessus les intendants. Desmaretz2, porté par ses deux cousins3, continuoit à aider le contrôleur général, mais sourdement et obscurément, et comme à l'insu du Roi, encore qu'il l'eût permis, mais à cette condition. Cet état déplaisoit fort aux deux ducs et à Torcy, qui ne l'avoient procuré que comme un chausse-pied pour pouvoir reparoitre et rentrer enfin en grâce et en quelque place dans les finances. Ghamillart, ami intime de MM. de Ghevreuse et de Beauvillier4, et d'ailleurs le meilleur homme du monde et le plus compatissant au malheur d'autrui, tenta enfin que ce que faisoit Desmaretz sous lui se fit publiquement et par un ordre connu du Roi. Il fut rabroué; mais, à force de ne se pas rebuter, et de représenter à Mme de Maintenon la nécessité des affaires5, il l'obtint6. Ce pas

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